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Le drone SIDM en Afghanistan, une innovation opérationnelle majeure

Jean Guisnel, le Point.fr

jeudi 19 février 2009, sélectionné par Spyworld

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Plus aucun obstacle technique ne s’oppose désormais à ce que les autorités militaires françaises, mais également le chef des armées Nicolas Sarkozy, disposent en direct sur leur écran d’ordinateur relié à l’Internet des images prises simultanément par un drone français volant au-dessus de l’ Afghanistan . Il s’agit surtout d’une innovation majeure, longtemps attendue, dont l’absence avait été sévèrement critiquée lors de l’attaque de la vallée d’Uzbin , le 18 août 2008, qui avait provoqué la mort de dix soldats français.

Voici deux jours, comme l’a annoncé l’état-major des armées sur son site , le SIDM (Système intérimaire de drone MALE), appartenant à l’armée de l’air française, a effectué son premier vol en Afghanistan. Nos lecteurs connaissent bien ces engins automatiques destinés pour l’essentiel à la reconnaissance, mais aussi au combat. Le déploiement de drones SDTI , plus légers et aux performances bien moindres, avait été annoncé dès octobre 2008.

Le drone SIDM est une évolution d’un système israélien, et il peut naviguer à 250 km/h à une altitude de 7.000 mètres, peut surveiller le terrain de jour et de nuit durant 24 heures à 1.000 km de sa base. Cet engin qui semble avoir surmonté ses très lourdes maladies de jeunesse devrait être particulièrement utile pour informer les troupes françaises présentes en Afghanistan sur la situation tactique.

L’une des principales caractéristiques de ce système, et assurément la plus innovante pour les autorités militaires et politiques françaises, réside dans le fait que ses images sont transmises en direct à des satellites en orbite, et répercutées ensuite vers n’importe quel réseau de transmission terrestre. La liaison haut débit entre l’avion et le satellite d’images vidéo animées est dévoreuse de bande passante. Or la France ne disposant pas de capacités suffisantes de transmissions militaires, cette liaison se fait sur des satellites civils, alors que la quasi-totalité de la bande passante disponible en Afghanistan est dévorée par toutes les armées présentes sur place et par les médias internationaux. La société Astrium Services , filiale d’EADS, annonce dans un communiqué qu’elle s’est elle-même chargée de dénicher des canaux civils disponibles en bande KU et revendique à l’occasion du premier vol du SIDM pour elle-même et sa filiale London Satellite Exchange "étant donné la difficulté rencontrée pour identifier et mettre en place rapidement une solution satellitaire compatible et disponible sur une zone saturée dans cette bande de fréquence".


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