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BAE Systems, le champion britannique de la Défense, ne connaît pas la crise

AFP

jeudi 19 février 2009, sélectionné par Spyworld

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Pendant que l’économie planétaire s’enfonce dans la crise, le numéro trois mondial de la défense, le britannique BAE Systems, profite d’une demande soutenue d’armes et d’équipements de sécurité, qui lui a permis de presque doubler ses bénéfices en 2008 et devrait lui assurer encore une forte croissance cette année.

BAE Systems a annoncé jeudi que son bénéfice net avait grimpé de 93% en 2008, à 1,745 milliard de livres, soit 1,97 milliard d’euros.

Le chiffre d’affaires a quant à lui bondi de 18%, à 18,5 milliards, dopé par une série d’acquisitions, notamment celle du fabricant américain de véhicules blindés Armor Holdings, conclue en juillet 2007.

En données comparables, la croissance est ressortie à 3%, nourrie surtout par une demande soutenue de véhicules blindés aux Etats-Unis, où le groupe est devenu l’un des principaux fournisseurs de l’armée américaine, qui a de forts besoins liés évidemment aux guerres d’Irak et d’Afghanistan.

En revanche, les ventes au Royaume-Uni ont reculé en raison d’une baisse des livraisons d’Eurofighter Typhoon, l’avion de combat fabriqué en commun par le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie.

Résultat, le groupe a réalisé l’an dernier 59% de son chiffre d’affaires sur le marché américain, contre 47% en 2007.

Et malgré la profonde crise dans laquelle l’économie planétaire est plongée, BAE s’est montré franchement optimiste pour l’exercice en cours, disant bénéficier d’une "bonne visibilité, comme le montre (son) solide carnet de commandes", qui a en effet grimpé de 20% à 46,5 milliards de livres.

Le groupe britannique anticipe même "une nouvelle année de forte croissance" en 2009, même si les ventes de blindés devaient être plus faibles qu’en 2008.

Par ailleurs, BAE devrait nettement profiter de la faiblesse de la livre vis-à-vis du dollar, étant donné l’énorme proportion de son activité désormais réalisée outre-Atlantique.

Le seul impact négatif notable de la crise a été l’aggravation du déficit du fonds de pension des employés de BAE, investi en partie sur les marchés d’actions, qui va l’obliger à mettre la main à la poche.

"BAE Systems se joue de la morosité économique mondiale", a commenté Howard Wheeldon, stratégiste du cabinet de courtage londonien BGC Partners, soulignant dans un élan patriotique qu’"en ces temps de crise mondiale, cela réchauffe le coeur de voir une entreprise britannique (...) qui réussit à dégager une croissance durable et à en faire profiter ses actionnaires".

Le groupe tire les fruits de sa stratégie de concentration sur des marchés ciblés, à la fois géographiquement et thématiquement, à l’aide d’acquisitions sélectives.

BAE, qui règne déjà sur six marchés-clés (Royaume-Uni, Etats-Unis, Arabie Saoudite, Australie, Suède et Afrique du Sud), espère bien ajouter d’autres joyaux à sa couronne, comme l’Inde, à laquelle il fournit déjà des avions d’entraînement Hawk.

Et il veut continuer à pousser ses pions en Arabie Saoudite, pays qui a signé l’an dernier une commande géante pour des Eurofighter, en dépit d’un scandale autour d’allégations de corruption au profit de responsables saoudiens lors d’un précédent contrat.

En termes de type d’activités, il a renforcé ses positions sur des segments en forte croissance, comme celui particulièrement juteux de la "sécurité intérieure". Il estime que ce marché, dans lequel de nombreux gouvernements investissent à tour de bras depuis le 11-Septembre, devrait, rien qu’au Royaume-Uni, doubler d’ici 2011 à plus de 3 milliards de livres.


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