jeudi 19 octobre 2017

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Nucléaire : l’AIEA épingle l’Iran et la Syrie

Maurin Picard, le Figaro

vendredi 20 février 2009, sélectionné par Spyworld

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L’Agence internationale de l’énergie atomique critique le manque de coopération de Téhéran, dont le programme n’aurait guère progressé, et soupçonne Damas d’avoir voulu construire un réacteur.

L’Iran refuse toujours de coopérer avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour faire toute la lumière sur ses activités nucléaires, selon un rapport confidentiel adressé aux délégations des trente-cinq États membres du conseil des gouverneurs de l’agence, à Vienne.

En outre, précise le document de cinq pages, « contrairement aux décisions du Conseil de sécurité (de l’ONU), l’Iran n’a pas suspendu ses activités liées à l’enrichissement d’uranium ». L’AIEA, qui estime n’avoir fait « aucun progrès substantiel » dans la connaissance du programme iranien, relève cependant que les travaux au centre d’enrichissement de l’uranium de Natanz, à 250 km au sud de la capitale, n’ont pas progressé depuis le dernier rapport de novembre 2008. L’Iran continue d’assembler des cascades de centrifugeuses IR-1, mais leur nombre n’a pas augmenté. Il mène également des tests sur des modèles plus performants de type IR-2 et IR-3, et possède désormais 839 kg d’uranium enrichi à 3,49 %, ce qui reste dans les limites d’un programme purement civil. Pour son alimentation en combustible, une centrale nucléaire requiert de l’uranium enrichi à 5 %. L’AIEA estime que la frontière entre applications civiles et militaires se situe autour de 20 %. Une arme nucléaire nécessite de l’uranium enrichi à plus de 90 %.

Aide nord-coréenne

Dans un second rapport, les inspecteurs nucléaires ont confirmé la présence en Syrie de particules de graphite et d’uranium non-naturel sur le site désertique d’Al-Kibar. Ces traces semblent établir la présence d’un réacteur nucléaire en construction d’origine nord-coréenne, avant un raid de l’armée israélienne le 6 septembre 2007. Damas avait toujours nié abriter un programme nucléaire clandestin, et disait que d’éventuels résidus d’uranium provenaient de débris de missiles israéliens, une hypothèse que ne semble pas retenir l’agence de Vienne.

Après des révélations de la CIA en avril 2008, les enquêteurs de l’AIEA n’ont cependant été admis à Al-Kibar qu’en juin dernier, laissant tout le temps aux Syriens d’effacer toute trace radioactive compromettante. Des photos satellites postérieures au raid du 6 septembre indiquaient une intense activité menée à l’aide d’engins de terrassement. Le conseil des gouverneurs de l’AIEA se réunira du 2 au 6 mars pour étudier les dossiers syrien et iranien.


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