mardi 17 octobre 2017

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Le Salon de l’armement d’Abu Dhabi s’ouvre alors que le doute s’installe sur la poursuite des investissements

Dominique Gallois, le Monde

lundi 23 février 2009, sélectionné par Spyworld

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L’IDEX, le plus important salon de l’armement du Moyen-Orient, qui se tient tous les deux ans à Abu Dhabi, s’est ouvert, dimanche 22 février, dans une ambiance morose. Même si les pays du Golfe disposent d’importantes réserves financières, ils sont affectés par la crise mondiale et la baisse du prix du pétrole.

Cette situation les amène à réfléchir à certains investissements, notamment en matière de défense. "Depuis quelques semaines, on note un ralentissement des négociations, des menaces sur un certain nombre de programmes et une moindre ambition sur des projets futurs", constate Antoine Bouvier, patron du fabricant de missiles MBDA. Il voit dans "ce manque d’allant" une source d’inquiétude pour l’industrie française, car l’exportation de matériels de défense doit compenser une partie de la baisse des dépenses en France.

"Cela ne concerne pas le Rafale", note-t-il toutefois. Les négociations pour la vente d’une soixantaine d’avions de combat de Dassault Aviation aux Emirats arabes unis amorcées voici près d’un an sont bien engagées. Aucune date n’est encore avancée pour sa concrétisation, mais ce projet devrait profiter à Dassault mais aussi à Thales, Snecma et MBDA. M. Bouvier se félicite ainsi de la reprise de la politique des grands contrats à l’initiative de Nicolas Sarkozy en liaison avec les industriels. "Cela pourrait atténuer les effets de la crise", espère-t-il.

Chez Sagem, la position est plus modérée sur les effets de la crise dans cette zone. "A ce jour, nous ne sentons pas de répercussions, car nous sommes dans des secteurs comme les drones, la protection du soldat ou la sécurité, plus tardivement touchés", estime Jean-François Coutris, directeur général adjoint. "Dans la région, la problématique de la défense et de la sécurité n’est plus un débat, mais une nécessité", explique Emeric d’Arcimoles, responsable de l’international chez Safran

D’autant qu’avec pour voisin l’Iran, soupçonné de poursuivre un programme nucléaire militaire, les monarchies du Golfe pourraient être amenées à renforcer leur défense, estiment d’autres industriels. In fine, ce sont les programmes civils qui devraient faire les frais des coupes budgétaires. C’est ce que l’Arabie saoudite a fait concernant les investissements pétroliers. Ce pays devrait en revanche bientôt annoncer quelle entreprise a été sélectionnée pour fournir un système de surveillance radar de ses frontières. EADS serait le favori, Thales et l’américain Raytheon ayant été écartés.

Dans cette région du monde dominée par l’influence américaine, les pays souhaitent toutefois diversifier leur approvisionnement en matériel de défense.

Avec un fait nouveau : "le retour de l’Irak", note Alexandre de Juniac, responsable chez Thales de la zone Asie-Afrique-Moyen- Orient. "Ils viennent nous voir pour des questions de sécurité intérieure et de surveillance des frontières", précise-t-il. Signe de cette reprise, un premier contrat a été annoncé à la mi-février pour Eurocopter portant sur 24 hélicoptères légers de combat.

L’IDEX regroupe 900 industriels dont 56 groupes français, dont Nexter (ex-Giat) connu pour les 436 chars Leclerc livrés voici quelques années. Mais durant ces cinq jours d’exposition, aucun contrat d’envergure ne devrait être signé, le salon étant plus propice aux discussions discrètes. Pendant ce temps, les travaux de la future base militaire française qui sera installée à Abu Dhabi se poursuivent. Annoncée voici un an, elle sera inaugurée à la fin mai et accueillera à terme entre 400 et 500 militaires.


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