dimanche 22 octobre 2017

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L’Égypte redoute une recrudescence du terrorisme

Tangi Salaün, le Figaro

mardi 24 février 2009, sélectionné par Spyworld

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La police a annoncé, lundi, l’arrestation de trois suspects après l’attentat du Caire, sans préciser quelles charges pèsent contre eux.

C’est sans doute par le plus triste des hasards que les jeunes Français originaires de Levallois ont été frappés par le terrorisme dimanche soir alors qu’ils s’apprêtaient à acheter quelques souvenirs dans le souk du Khan el-Khalili, l’un des lieux les plus touristiques du Caire, où défilent chaque jour des milliers d’étrangers. Des interrogations subsistaient lundi sur les circonstances précises de l’attentat. Selon la police égyptienne, la bombe - un engin artisanal rempli de morceaux de métal et de clous - était dissimulée sous un banc sur le parvis de la mosquée al-Hussein, principal lieu saint de l’islam chiite au Caire. Mais, d’après plusieurs témoignages, elle aurait au contraire été lancée depuis le toit de l’hôtel al-Hussein, un petit établissement populaire planté à la lisière du souk, sur les touristes déambulant en contrebas. Dans un cas comme dans l’autre, souligne-t-on de source diplomatique, il apparaît peu probable que les ressortissants français aient été délibérément visés.

Des sources policières égyptiennes ont annoncé lundi l’arrestation de trois, voire cinq « suspects », sans préciser quelles charges pèsent contre eux. Il s’agirait notamment de deux femmes portant le niqab (voile intégral) et d’un jeune homme qui aurait été interpellé alors qu’il fuyait précipitamment les lieux. Des informations prises avec prudence par les spécialistes, qui rappellent les méthodes d’arrestations massives généralement employées par les services de sécurité égyptiens : après l’attentat contre la station balnéaire de Taba, en 2004, près de 3 000 personnes avaient par exemple été arrêtées dans le Sinaï.

Situation régionale tendue

Pour le politologue et spécialiste des groupes islamistes armés, Dia Rachwan, le mode opératoire et le type d’explosif utilisé laissent penser que ce nouvel attentat « pourrait être lié » à celui qui avait ensanglanté les abords de ce même souk du Khan el-Khalili en avril 2005. Deux Français et un Américain avaient été tués par un kamikaze. Au terme d’une enquête particulièrement opaque, les autorités avaient incriminé des jeunes d’inspiration djihadiste qui auraient appris à fabriquer des bombes sur Internet. Une forme de terrorisme particulièrement difficile à prévenir. Un ancien responsable des services de sécurité, le général Fouad Allam, a d’ailleurs estimé lors d’une émission télévisée que l’attentat perpétré dimanche soir pourrait être « le prélude à une nouvelle vague de terrorisme en Égypte ». La crise économique mondiale, responsable d’une dégradation des conditions de vie de nombreux Égyptiens, et la situation régionale tendue, notamment à Gaza, favoriseraient, selon lui, une recrudescence des violences.

Dans ce contexte, les experts s’attendent à ce que le gouvernement revienne sur sa décision de lever le mois prochain la loi d’urgence, en vigueur depuis 1981. Pour l’Égypte, qui s’employait lundi à effacer toute trace de l’attentat sur la place al-Hussein, la priorité est en effet désormais de rassurer les touristes et de sauver une industrie vitale pour l’économie du pays. Lundi, seuls quelques groupes se sont rendus au Khan el-Khalili. De mauvais augure pour les commerçants du souk, alors que le tourisme était déjà en forte baisse depuis le début de l’hiver.


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