vendredi 20 octobre 2017

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Prison pour un espion estonien qui a vendu des secrets de l’Otan à Moscou

Belga

mercredi 25 février 2009, sélectionné par Spyworld

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Herman Simm, un ancien haut responsable du ministère estonien de la Défense, a été condamné mercredi à 12 ans et six mois de prison pour avoir vendu des secrets de l’Otan à la Russie, a annoncé le tribunal à Tallinn.

"Oui, j’ai travaillé pour les renseignements étrangers"

"Il a plaidé coupable. C’est la raison pour laquelle le procès a été bref", a déclaré le porte-parole du tribunal, Kristina Ots. "Quand on a fait ce qu’on a fait, il faut en subir les conséquences", a déclaré Herman Simm sur une vidéo, projetée par le parquet après la séance à huis clos du tribunal mercredi.

"Oui, j’ai travaillé pour les renseignements étrangers. Oui, je savais que les gens à qui j’ai fourni des informations étaient membres des renseignements russes", a-t-il avoué. Herman Simm, 61 ans, avait occupé divers postes au sein du ministère estonien de la Défense entre 1995 et 2006. Il avait été auparavant chef de la police nationale, après une longue carrière de policier à l’époque soviétique.

2.098 documents secrets transmis à Moscou

Entre 1995 et 2008, il a transmis à Moscou au total 2.098 documents secrets sur la politique de défense, les relations militaires extérieures et les systèmes d’information de l’Estonie, a précisé à l’AFP Gerrit Maesalu, porte-parole du parquet estonien. "Il a aussi transmis des centaines de documents secrets que l’Estonie avait reçus dans le cadre d’accords conclus avec d’autres pays", a-t-il dit.

Simm entretenait ses contacts dans une quinzaine de pays européens, où il voyageait pour affaires ou pour ses loisirs, a précisé M. Maesalu. Herman Simm encourait une peine maximale de 15 ans. Elle a été abrégée car il avait choisi de coopérer avec la justice. Le tribunal a aussi condamné Herman Simm à une amende de 20,2 millions de couronnes (1,3 million d’euros) pour les dégâts causés aux systèmes de communication et de sécurité estoniens.

Victime de chantage ?

Le cas d’Herman Simm, sous les verrous depuis septembre, a embarrassé l’Estonie, une ancienne république soviétique de 1,3 million d’habitants, qui a recouvré son indépendance en 1991 et qui a rejoint l’Otan en 2004. Depuis son adhésion à l’Otan, l’Estonie entretient des rapports mouvementés avec la Russie.

Selon les médias estoniens, Simm a déclaré être victime d’un chantage de la part de Moscou qui le menaçait de révéler son ancienne collaboration avec le KGB. Contrairement à nombre d’anciens pays du bloc soviétique, la majorité des archives du KGB en Estonie ont été transférées à Moscou ou détruites avant que ce pays ne se sépare de l’URSS.

Après avoir recouvré l’indépendance, l’Estonie a appelé les anciens collaborateurs de la police soviétique à se faire connaître, leur assurant de ne jamais rendre ces informations publiques. Un millier de personnes ont suivi cette procédure.


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