lundi 23 octobre 2017

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L’armée israélienne s’inquiète de la désaffection des jeunes

Le Figaro

jeudi 5 mars 2009, sélectionné par Spyworld

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Pour piéger ceuxqui évoquent de fausses excuses pour éviter de porter l’uniforme de Tsahal, les militaires ont engagé des détectives privés.

« L’armée du peuple » : Tsahal a de plus en plus de mal à se montrer à la hauteur de sa réputation. Sur le papier, les jeunes Israéliens sont tenus d’effectuer trois ans de service militaire pour les garçons et deux ans pour les filles. Mais, au fil du temps, les défections se multiplient. Selon les chiffres officiels, 44 % des filles et plus d’un quart des garçons n’endossent pas l’uniforme. Plus grave : ces statistiques, qui ont déjà atteint un niveau record, devraient continuer à progresser dans les prochaines années.

L’hémorragie est particulièrement sensible parmi les jeunes femmes. Il leur suffit de se déclarer religieuses pratiquantes trois mois avant la date de leur incorporation pour être exemptées. Ces facilités ont donné lieu à de sérieux abus. Selon l’armée, une bonne partie de ces jeunes femmes mentiraient délibérément. Le phénomène a atteint une telle ampleur que les militaires sont passés à la contre-offensive en ayant recours aux services de détectives privés chargés de piéger les « tricheuses ».

Une soixantaine de ces tricheuses ont été prises en « flagrant délit » ces derniers mois. Certaines ont été photographiées ou filmées à bord d’une voiture durant le shabbat, alors qu’il est interdit de circuler en ce jour de repos hebdomadaire. D’autres se sont fait surprendre en train d’enlacer ou d’embrasser des hommes dans la rue, une attitude peu compatible avec la « conduite modeste » dans les lieux publics, prônée par les rabbins.

Campagne de sensibilisation

Du côté des garçons, 11 % des appelés échappent à l’armée de façon totalement légale en se présentant comme des étudiants de yeshivot, les séminaires talmudiques, d’autres invoquent des problèmes « psychologiques », physiques ou un casier judiciaire qui peut constituer un motif d’exemption. Au total, les chiffres sont en constante augmentation au point que le général Avi Zamir, responsable du service du personnel de l’armée, a annoncé cette semaine que la réduction du service militaire promise devra être reportée de plusieurs années.

En attendant, les services psychiatriques de l’armée ont reçu comme consignes de se montrer moins « coulants » pour réformer les candidats « à problèmes ». Les militaires ont aussi lancé une campagne de « sensibilisation » dans les lycées. Apparemment, le message a du mal à passer. Ce qui ne manque pas d’irriter ceux qui effectuent non seulement leur service militaire, mais aussi un mois de réserve par an jusqu’à la quarantaine.


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