jeudi 19 octobre 2017

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Hervé Morin : "Une révolution pour la Défense"

Philippe Faner, Laprovence.com

samedi 7 mars 2009, sélectionné par Spyworld

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Le ministre lance à Marseille un nouveau dispositif opérationnel

Ministre de la Défense et président-fondateur du Nouveau centre, Hervé Morin coiffe ses deux casquettes pour rendre visite à ses troupes, militaires et militantes. Tout juste revenu de Washington, où il était l’invité du Centre d’études stratégiques internationales.

- Quel est le sens de cette visite à Marseille ?

Hervé Morin : Une des grandes transformations en cours du ministère repose sur la création de 90 bases de défense en France. L’idée, c’est que dans un rayon de 30 km, toutes les unités de l’armée française soient servies par un seul pôle qui assure le soutien et l’administration générale. Transports, reconversion, logement, ressources humaines, finances seront assumés par un pôle compétent pour les trois armées.

C’est la grande révolution copernicienne pour le ministère. Au lieu d’être dans un système où chacun a son propre service, chacun va désormais bénéficier des services d’une nouvelle structure commune. Aujourd’hui, 60% de nos effectifs sont affectés à l’administration générale et au soutien et 40% à l’opérationnel, alors que l’armée britannique fait exactement l’inverse.

Le but de la réforme consiste à inverser ce ratio pour consacrer l’essentiel de nos moyens à l’opérationnel. Cette évolution est expérimentée sur 11 sites en France. Marseille sera ma première visite sur une base de défense en France.

- Vous venez à Marseille également pour votre parti du Nouveau Centre ?

H.M. : Nous voulons porter ici le message que l’Europe a une double mission : l’Europe est une force, notre meilleur atout pour affronter la crise économique et financière. En même temps l’Europe doit progressivement devenir une puissance capable de proposer son modèle, face aux États-Unis, à la Chine, et aussi à l’Inde et au Brésil.

Notre modèle européen, c’est celui de la plus belle synthèse entre, d’un côté, l’efficacité de l’économie de marché, et de l’autre un humanisme fondé sur des solidarités indispensables. Nous avons engagé des négociations avec l’UMP, et nous déciderons selon leur issue de notre stratégie électorale.

- Qu’est-ce qui vous différencie de l’UMP finalement ?

H.M. : Nous avons fait le choix de l’action, de la responsabilité, de la volonté de réformer le pays, au sein de la majorité présidentielle, dans un esprit de loyauté tout en étant indépendants. Le Nouveau centre fait entendre la voix du centre et du centre-droit dans la majorité : les valeurs de l’Europe, de l’humanisme, de la responsabilité.

Nous sommes le parti des libertés, de toutes les libertés, ce qui m’a conduit il y a quelques mois à émettre des réserves sur le fichier Edvige. En 18 mois d’existence le Nouveau centre a reconstitué un réseau d’élus et de militants bientôt comparable avec ce qu’était l’UDF. Nous comptons près de 10 000 adhérents et certaines fédérations, dont celle des Bouches-du-Rhône, sont aussi fortes voire plus puissantes qu’elles ne l’étaient en 2007 du temps de l’UDF.

- Votre déplacement à Washington, ces jours derniers, a été commenté comme une "esquisse" du retour de la France dans l’Otan ?

H.M. : Non, je suis venu échanger avec les Américains sur un certain nombre de sujets. La nécessité de partager cette conviction que les Européens doivent assurer par eux-mêmes une partie de leur sécurité. D’où cette idée de construction d’une Europe de la Défense.

C’est parce que les Européens prendront une part de plus en plus importante de responsabilité dans l’exercice de leur sécurité qu’ils seront en mesure de peser plus au sein de l’alliance atlantique. Nous avons également évoqué le programme nucléaire iranien, les relations avec la Russie avec nos homologues.

- Vous avez été à l’origine d’un projet pour l’indemnisation des victimes des essais nucléaires. Où est-on sur ce dossier ?

H.M. : Nous sommes en train de finir le texte. Ma position est simple : je veux une solution juste et rigoureuse. Cela ne veut pas dire que toute personne qui a participé à des essais nucléaires a droit à des indemnisations. On s’inspire de recherches médicales et l’idée de "surrisques", c’est-à-dire des expositions qui laissent penser que l’on a fait courir un risque supplémentaire à la personne. Avec son dossier médical, on analysera le fait que ce risque supplémentaire ait pu être la cause de la maladie.


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