lundi 18 décembre 2017

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Spyware : la schizophrénie assumée du gouvernement chinois

Guillaume Serries, Journal du Net

samedi 7 mars 2009, sélectionné par Spyworld

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Les autorités chinoises interdisent tout espionnage électronique à des fins privées sur leur territoire, mais sont elles-mêmes au centre d’affaires de surveillance via l’Internet. Un paradoxe, cultivé dans l’Empire du Milieu.

Un rapport de la société de sécurité informatique Kaspersky publié en février 2009 mentionne que la Chine serait le premier créateur de logiciels d’espionnage destinés à infiltrer les données des internautes. Un marché en pleine expansion, et dont les victimes se trouvent en premier lieu sur le territoire chinois.

Confirmant la tendance, un rapport de Microsoft sur l’espionnage électronique, daté de novembre 2008, mentionnait que la Chine était le pays où l’on trouvait le plus d’intrusions via les navigateurs Internet, soit 47% de l’ensemble des incidents de ce type dans le monde.

La Chine est donc un monde en soi en matière de cybercriminalité. Un monde étonnant dans lequel les autorités chinoises utilisent des outils de surveillance de type spyware, et ce de manière quasi officielle.

Pourtant, il est formellement interdit en Chine de procéder à des activités de piratage informatique, à titre privé. En mars 2008, quatre chinois ont été condamnés à des peines de 6 à 8 ans de prison pour l’intrusion et le vol de 15 000 euros dans une banque chinoise, via Internet.

Mais juste avant les jeux Olympiques de Pékin, les hôtels des chaînes étrangères ont dû se plier à des exigences de la part du gouvernement chinois concernant la mise en place de systèmes de surveillance électroniques des réseaux Internet mis à disposition à la clientèle hôtelière.

Pour preuve de ces agissements, le sénateur américain Sam Brownback avait alors publié un document du bureau de la sécurité chinois, envoyé aux responsables des hôtels, qui demandait de manière explicite le suivi des communications Internet des clients.

Cette surveillance s’opère également sur Internet, avec des filtres qui censurent certains sites, avec la coopération d’entreprises étrangères, comme Google. Des méthodes érigées en système en Chine, où contrairement à d’autres pays du monde dont la surveillance est réalisée par les forces de l’ordre sur autorisation de la justice, il n’est pas nécessaire ici de faire appel au préalable à un juge.

De fait, les lois sur le respect de la vie privée en Chine datent de 6 ans, mais n’ont jamais été mises en application par décrets.

Mais le problème de la surveillance électronique dépasse de loin en Chine la question informatique. Ce pays voit en effet une croissance sans commune mesure de l’espionnage privé, par le biais d’outils numériques, tels que des caméras miniatures, ou des systèmes d’écoute.

De son côté, le gouvernement chinois multiplie les installations d’équipement de surveillance. Plus de 300 000 caméras de surveillance ont été récemment installées dans la ville de Pékin, et ce suite à la mise en place d’un projet d’une durée de 7 ans, destiné à étendre la surveillance de la population. Le marché légal des caméras de surveillance était en croissance de 25% en 2008, selon l’organisation représentante de ce secteur économique.


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