dimanche 17 décembre 2017

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Spéculations sur l’installation d’une base américaine au Paraguay

Le Figaro

lundi 7 novembre 2005, sélectionné par Spyworld

La visite de Donald Rumsfeld à Asuncion en août dernier provoque des inquiétudes en Argentine et au Brésil.

MAIS qu’a donc fait Donald Rumsfeld à Asuncion en août dernier ? Simple visite de courtoisie, dans le cadre d’une coopération étroite, s’est empressée d’assurer la Maison-Blanche.

« A une heure et demi de Buenos Aires et de Sao Paulo », note un haut fonctionnaire argentin. Dans les chancelleries de Buenos Aires et Brasilia, on fronce les sourcils : l’agenda du secrétaire à la Défense américain est-il si dépouillé d’obligations qu’il puisse se permettre de passer près de deux jours dans un Paraguay généralement exclu du circuit des visites officielles ? Ce n’est que cent cinquante ans après son indépendance que le pays a eu droit à la première visite d’un chef d’Etat non latino-américain, en la personne du général de Gaulle... Très vite, la rumeur a couru : Donald Rumsfeld est venu négocier et organiser l’installation d’une base militaire à Mariscal Estigarribia, à proximité de la frontière bolivienne. Accord militaire

Au coeur d’un Mercosur qui a, ce week-end, affirmé ses velléités d’autonomie face à la Maison-Blanche. Pour l’heure, l’unique certitude est que les Etats-Unis et le Paraguay ont signé un accord militaire permettant l’entrée de 400 marines au cours des dix-huit prochains mois. Un traité qui n’a rien d’exceptionnel dans la région mais dont les spécialistes soulignent la durée singulièrement longue. Ce faisceau d’indices a suffi pour que les ministres des Affaires étrangères brésilien et argentin condamnent par avance un tel projet.

De fait, outre la proximité du Brésil et de l’Argentine, la Maison-Blanche aurait de bonnes raisons de jeter son dévolu sur la base de Mariscal Estigarribia. Elle serait à portée de la « triple frontière », cette zone de non-droit qui unit les territoires argentin, paraguayen et brésilien, où la propagande est reine.

Washington soupçonne des groupes islamistes radicaux d’y puiser un financement, soulignant que la région est peuplée par de nombreux Latino-Américains d’origine syro-libanaise. Surtout, un tel emplacement placerait des marines à quelques encablures de la Bolivie. Justement, ce week-end, George Bush a surpris ses homologues américains au cours du sommet de Mar del Plata en soulignant à plusieurs reprises sa préoccupation à la veille de l’élection présidentielle bolivienne de décembre, dont le favori est le leader indigène Evo Morales, une des bêtes noires de la Maison-Blanche.


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