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Paris se défend de brader son indépendance en réintégrant l’Otan

Reuters

mercredi 11 mars 2009, sélectionné par Spyworld

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Hervé Morin et Bernard Kouchner assurent que le retour de la France dans le commandement intégré de l’Otan ne se fera aux dépens ni de l’indépendance française ni de l’Europe de la défense.

Les ministres français de la Défense et des Affaires étrangères s’exprimaient lors d’un colloque de la Fondation pour la Recherche stratégique (FRS) à Paris, où Nicolas Sarkozy devait annoncer en fin de journée le retour de Paris dans le commandement militaire de l’Alliance après 43 ans d’absence.

Cette réintégration doit être officialisée lors du sommet de l’Otan à Strasbourg et Kehl, début avril.

La "volonté d’indépendance" manifestée par le général de Gaulle en 1966 "demeure et notre pleine participation à l’Alliance ne représente nullement (...) à mon avis une menace pour notre liberté de choix", a fait valoir Bernard Kouchner.

"Laissons de côté les fantasmes et les non-dits (...) Notre dissuasion nucléaire reste indépendante et la libre disposition de notre territoire et de nos forces armées également. Mais je ne néglige en rien le poids symbolique de cette décision", a fait valoir le chef de la diplomatie.

Pour Hervé Morin, "dire que si nous étions dans le commandement intégré de l’Otan (cela) remettrait en cause notre indépendance" c’est "de la mauvaise foi" ou "de l’incompétence".

La France restera un "allié indépendant et un partenaire libre des Etats-Unis", a déclaré le ministre de la Défense.

Le virage de Nicolas Sarkozy, amorcé dès l’été 2007, suscite une levée de boucliers sur la scène politique mais elle semble avoir les faveurs des Français, selon plusieurs sondages.

La gauche et les centristes du MoDem dénoncent une "dérive atlantiste" et des voix s’élèvent à l’UMP contre cette rupture avec la tradition gaulliste.

FORCE CENTRIFUGE

"Si je devais définir cette décision je dirais que c’est une amputation", a déclaré François Bayrou sur Europe 1.

"Depuis 40 ans, toutes les sensibilités politiques s’étaient rassemblées autour de l’idée que la France, c’était l’Occident mais quelque chose de plus", a déploré le dirigeant centriste.

Pour Martine Aubry, premier secrétaire du Parti socialiste "rien, aujourd’hui, ne justifie de rentrer dans le commandement militaire de l’Otan (...) si ce n’est un atlantisme qui devient une idéologie".

Les socialistes français accusent le chef de l’Etat d’avoir sacrifié la défense européenne sur l’autel atlantiste.

L’Europe de la défense court un "très grand danger", a avancé devant la FRS le député PS Jean-Michel Boucheron pour qui l’Otan va exercer une force centrifuge.

Les alliés seront enclins à se dire "puisque la France est rentrée dans l’Otan, le véritable outil de la sécurité de l’Europe c’est l’Otan, donc pourquoi essayer de construire des choses autonomes à l’extérieur ?", a-t-il fait valoir.

Opposer Otan et Europe de la défense n’a "aucun sens" puisque 21 des 27 Etats de l’Union européenne sont membres de l’Otan, a répliqué Hervé Morin.

Sans vouloir s’immiscer dans des "discussions nationales saines", le secrétaire général de l’Otan, Jaap de Hoop Scheffer a estimé que la France gagnerait en influence "à la fois à l’Otan mais aussi dans l’Union européenne".

Pour Pierre Lellouche, nouveau représentant français pour le Pakistan et l’Afghanistan, on a malheureusement fait de l’opposition française à l’Otan un "élément majeur du folkore" national au même titre que "la baguette ou la Tour Eiffel".

Le député UMP a évoqué comme un fait acquis le commandement d’ACT à Norfolk qui devrait échoir à un gradé français au terme d’un accord franco-américain qui n’a pour l’instant pas été confirmé de source officielle. La France devrait également prendre la tête du commandement régional de Lisbonne.

La France obtiendra des "postes historiques", a déclaré Bernard Kouchner sans plus de précisions.

Edité par Yves Clarisse


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