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Renseignement intérieur : l’organigramme "secret-défense" est sur Wikipédia

Isabelle Mandraud, le Monde

vendredi 13 mars 2009, sélectionné par Spyworld

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L’encyclopédie participative Wikipédia serait-elle parvenue à repousser les limites du secret-défense ? La question se pose à la lecture de la page consacrée à la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), née de la fusion de la DST et d’une partie des RG. Plutôt bien documenté, le texte mis gratuitement en ligne sur Internet, le 13 septembre 2007, lors de l’annonce de la création de ce "FBI à la française" par la ministre de l’intérieur, Michèle Alliot-Marie, puis modifié à 500 reprises jusque récemment, s’affranchit de toutes contraintes en la matière.

Il expose les missions de la DCRI (contre-espionnage, lutte contre le terrorisme...), son budget - 41 millions d’euros -, et détaille précisément ses effectifs (3 600 fonctionnaires, près de 3 000 policiers habilités secret-défense, 175 commissaires dont le nombre devrait "se limiter à 152", etc.). Mais surtout, la page DCRI décrit avec précision l’organisation des services de renseignement placés sous l’autorité de son directeur, Bernard Squarcini, et de ses deux adjoints, et composés de huit sous-directions - protection économique, terrorisme, technologies du renseignement, subversion violente, administration générale, supports, contre-espionnage, affaires internationales -, en leur accolant, à chaque fois, le nom d’un responsable.

Or depuis sa naissance, la DCRI n’a eu de cesse d’étendre son anonymat en évoquant la classification secret-défense. Ses documents, son fichier Cristina, son organigramme y sont soumis. Rompre le "secret" peut coûter cher : jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, si l’on porte à la connaissance du public, ou d’une personne non qualifiée, un élément classifié.

Dans le cas présent, si tous les noms des commissaires-chefs de direction cités sont aisément repérables individuellement sur Google, pour leur carrière passée dans la police, personne, jusqu’ici, n’avait encore publié la liste complète de la maison... L’audacieux serait un Nantais, bénévole, comme tous les contributeurs de Wikipédia. Mais curieusement, l’organigramme cité ne fait état d’aucune source, à la différence d’autres chapitres.

Au siège de la DCRI, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), on préfère, après réflexion, relativiser en évoquant des noms "déjà parus dans le Journal officiel". "C’est le minimum communicable", avance-t-on à la direction. Contacté, un "wikimédien", chargé de communication, a confirmé que la DCRI n’avait initié aucune démarche contre l’encyclopédie du net. Mais inutile de lui demander un organigramme. On vous répondra toujours secret-défense.


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3 Messages de forum

  • J’ai personnellement contribué à cet article sur ’’Wikipédia’’ à plusieurs reprises, en particulier au niveau des effectifs approximatifs du service, mais honnêtement, je n’ai fait qu’y ’’ranger’’ quelques informations collectées le plus librement du monde sur Internet, en particulier après consultation des différents sites des syndicats de police.
    Beaucoup plus gênant, comme je l’avais déjà signalé sur un forum ’’policier’’ dont j’ai oublié le nom, voici un an, le nom des fonctionnaires qui avaient ’’décroché’’ l’examen d’O.P.J. ainsi que leurs lieux de résidence figuraient en toutes lettres sur le net. Et parmi eux, il y avait notamment les heureux candidats de la SDAT, des ex-RG, et de l’ex-DST...

    • Dans son article, Isabelle MANDRAUD a "nommément" mise en cause la contribution d’un wikipédien nantais à cet article.

      Or, il se trouve que suis nantais, et que j’ai effectivement contribué à cet article le 12 décembre 2008 pour une simple mise en page.

      Cependant, l’information qui était déjà sur WIKIPEDIA depuis le 5 septembre 2008 est dû à la contribution d’un wipédien anonyme (dont l’adresse IP est d’ailleur localisée sur Paris) !

      Je n’y suis donc absolument pour rien dans cette histoire.

      A mon avis, Isabelle MANDRAUD et le Journal "LE MONDE" ont voulu visiblement règlé leurs comptes avec une encyclopédie qui a été plus receptive qu’eux sur ce "scoop", en utilisant des procédés indignes consistant à jeter des quidams en pâture !

      J’ai exigé hier que "LE MONDE" publie un rectificatif disculpant les wikipédiens dans cette affaire, faute de quoi je me réservais le droit de poursuites judiciaires à leur encontre pour difamation, car les journalistes ne peuvent pas écrire tout et n’importe quoi...

      Alors bon entendeur !