mardi 17 octobre 2017

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Mort d’un soldat français en Afghanistan : « Une guerre insurrectionnelle »

Christophe Prasuck, porte-parole de l’état-major des armées, Propos recueillis par Henri Vernet, le Parisien

lundi 16 mars 2009, sélectionné par Spyworld

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Après la mort samedi d’un caporal français des chasseurs alpins, tué par un tir de roquette sur son blindé dans l’est de l’Afghanistan, ce sont quatre soldats américains et trois civils afghans qui ont été tués hier dans des attentats attribués aux talibans. La France a déjà perdu 27 soldats en Afghanistan. Les explications du capitaine de vaisseau Christophe Prasuck, porte-parole de l’état-major des armées.

Hervé Morin a parlé d’opération de guerre à propos de l’accrochage dans lequel le soldat français a été tué ?

Christophe Prazuck. C’était une opération de grande ampleur, menée conjointement par l’armée afghane et les forces françaises en Kapisa, avec l’appui aérien de la coalition. L’objectif consistait à reprendre le terrain aux insurgés. Cette force d’un millier d’hommes était composée pour moitié d’Afghans et pour moitié de Français. Elle a investi samedi la vallée d’Alasay et a livré des combats toute la journée.

Quelle est la mission des Français auprès des soldats afghans ?

La montée en puissance de l’armée afghane est un objectif majeur. Des officiers et sous-officiers français font de l’instruction initiale. Des mentors insérés dans des régiments afghans. Au fur et à mesure que ces régiments acquièrent des compétences, ils peuvent manœuvrer de manière autonome, accompagnés comme c’était le cas samedi par un détachement français.

La région de la Kapisa, où a eu lieu la tragique embuscade d’août dernier, reste très dangereuse ?

Les insurgés reculent au fond des vallées. Depuis août, la présence militaire s’accroît : on est à 600 militaires français et 400 afghans. En combinant des actions de renseignement et des actions offensives, nous cherchons à faire reculer les insurgés, à amener la sécurité dans les vallées afin de conduire, ensuite, des projets de reconstruction. Comme la rénovation de la route principale, pour 24 millions de dollars. Les relations des soldats français avec la population s’améliorent, les gens leur donnent plus d’informations.

Mais le nombre de soldats tués augmente. Les talibans sont-ils plus forts ?

Depuis deux ans, le nombre d’incidents a augmenté de 30 %. Un incident, c’est une mine au bord de la route, une rafale de mitraillette contre un convoi, un attentat-suicide ou un combat entre deux forces. Plus de 60 % des pertes sont dues aux mines. Mais chaque fois qu’on mène des actions offensives, avec appuis aériens, ça se termine au désavantage des insurgés. Samedi, ils ont été très sévèrement touchés. Mais ils doivent montrer qu’ils sont toujours capables de frapper. C’est une guerre insurrectionnelle.

Qu’est-ce qui a changé depuis août dans l’équipement des Français ?

Le Premier ministre avait annoncé l’envoi de renforts. Six hélicoptères sont maintenant déployés en Afghanistan trois Caracal et trois Gazelles ainsi que des drones (avions sans pilote de reconnaissance) qui suivent les troupes pendant leurs opérations. On a aussi déployé des moyens d’écoute, de l’artillerie avec des mortiers de 120 mm, et des véhicules blindés dotés de tourelles permettant au tireur de faire feu depuis l’intérieur, grâce à un joystick et une caméra. Dans ce type de conflit asymétrique, il faut s’adapter en permanence au mode d’action de l’ennemi pour le surprendre et se protéger.


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