samedi 16 décembre 2017

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Ecoutes de l’Elysée : jugement attendu

AP

mercredi 9 novembre 2005, sélectionné par Spyworld

Le tribunal correctionnel de Paris rend son jugement à l’encontre des principaux prévenus, Christian Prouteau, Gilles Ménage ou Louis Schweitzer.

Vingt-trois ans après les premières écoutes de la cellule de l’Elysée, le tribunal correctionnel de Paris rendra son jugement mercredi 9 novembre à l’encontre des principaux prévenus de ce dossier, Christian Prouteau, Gilles Ménage ou Louis Schweitzer, poursuivis pour avoir "branché" près de 150 personnes, avocats, politiques, policiers ou journalistes entre 1983 et 1986. Les douze prévenus sont jugés entre autre pour "atteinte à l’intimité de la vie privée", un délit passible d’un an de prison. Le 16 février dernier, le procureur de la République a requis dix mois de prison avec sursis et 8.000 euros d’amende contre Christian Prouteau et Gilles Ménage, poursuivis pour "atteinte à l’intimité de la vie privée" dans l’affaire des écoutes de l’Elysée. Gille Ménage était directeur de cabinet de François Mitterrand à la présidence de la République. Christian Prouteau, aujourd’hui préfet hors-cadre, était responsable de la cellule de l’Elysée.

150 personnes "branchées"

A l’encontre de Louis Schweitzer, directeur de cabinet de Laurent Fabius, Premier ministre de 1984 à 1986, une peine de six mois avec sursis et 6.000 euros d’amende a été requise. L’affaire a éclaté en 1993, lorsque le quotidien Libération révèle que des personnalités politiques, du spectacle ou des journalistes ont fait l’objet d’écoutes illégales de la part de la cellule antiterroriste de l’Elysée entre 1982 et 1986. Près de 150 personnes, comme Edwy Plenel aujourd’hui directeur de la rédaction du Monde, certains avocats, le député François d’Aubert, le compagnon de l’actrice Carole Bouquet ou encore l’écrivain aujourd’hui décédé Jean-Edern Hallier ont été "branchées" occasionnellement ou pendant des années. La cellule de l’Elysée a bénéficié d’un contingent de vingt lignes au Groupement interministériel de contrôle (GIC) pour procéder aux écoutes administratives et disposait d’un système informatique pour conserver les retranscriptions.

Vie privée de Mitterrand

Malgré l’ancienneté des faits, le parquet n’en a pas moins souligné leur gravité, considérant que les interceptions téléphoniques demandées par la cellule de l’Elysée n’ont été qu’un détournement des moyens de l’Etat pour "protéger les secrets de la vie privée" de François Mitterrand, ou de connaître les sources des journalistes. Les avocats des prévenus ont assuré que toutes les procédures ont été respectées, effectuées par le GIC. Sauf qu’une bonne partie des retranscriptions n’est pas remontée au cabinet du Premier ministre comme cela aurait dû être le cas.

Barril relaxé

Contre Michel Delebarre, directeur de cabinet de Pierre Mauroy, le parquet a demandé cinq mois avec sursis et 4.000 euros d’amende. Quatre mois avec sursis et 3.000 euros d’amende ont en outre été requis à l’encontre de Jean-Louis Esquivié, Pierre-Yves Gilleron, membres de la cellule. Contre Jean Orluc, Michel Tissier et Dominique Mangin, membres également, trois mois avec sursis et 1.500 euros d’amende ont été demandé. Et un mois avec sursis a été requis contre Marie-Pierre Sajous, secrétaire de la cellule. Le procureur s’en est remis à l’appréciation du tribunal concernant le général Pierre Eugène Charroy, à l’époque chef du GIC, qui effectuait les écoutes. Il a demandé la relaxe de Paul Barril, prévenu et victime, poursuivi pour "recel de traitement illicite d’informations nominatives".


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