dimanche 22 octobre 2017

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L’industrie de la défense chasse les coûts

Véronique Guillermard, le Figaro

jeudi 10 novembre 2005, sélectionné par Spyworld

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armement Ministère, armées et entreprises tentent de gagner en efficacité industrielle.

BAISSE des coûts, maîtrise des budgets, rentabilité, gestion prévisionnelle de l’emploi... Ce ne sont plus seulement les critères des entreprises privées mais aussi ceux des armées. Celles-ci se convertissent à l’idée de faire la guerre avec du matériel low-cost (à coûts réduits).

Avec la loi de programmation militaire (LPM) 2003-2008, la France a engagé un important effort qui a fait de la défense son second poste de dépense. « Il nous faut démontrer que les deniers de l’Etat, donc du contribuable, sont utilisés à bon escient. C’est pourquoi nous sortons peu à peu d’une vision purement budgétaire pour adopter une vision économique », résume l’ingénieur de l’armement Jean-Louis Rotrubin, directeur du Service de soutien à la flotte (SFF).

Sous la houlette du ministère de la Défense notamment, le mouvement vers plus d’efficience économique s’est accéléré. Au niveau du client, Michèle Alliot-Marie s’est attachée à simplifier le circuit de décision en nommant le général Bentégeat au poste de chef d’état-major des armées. Il est l’unique arbitre entre les besoins exprimés. De même, la Direction général de l’armement (DGA), en charge des programmes, s’est modernisée. D’une juxtaposition de directions et services répartis dans les trois armées, la DGA est devenue une organisation centralisée et homogène. En février 2005, elle a créé un service central des achats interarmées doté d’un budget de 10 milliards d’euros injectés dans 500 contrats par an. « Nous avons réduit le coût des programmes de 30% », précise Laurent Giovachini, directeur des systèmes d’armes à la DGA.

Du côté des industriels, après avoir créé avec l’Allemagne EADS en 2000, l’Etat a sorti la Direction des constructions navales (DCN) de son giron en juin 2003 et l’encourage à créer avec Thales un champion européen. De même, le plan Giat 2006 vise à restructurer en profondeur le fabricant du char Leclerc afin de faciliter une alliance en Europe tout en gagnant en efficacité économique.

Parallèlement, la maintenance a été réorganisée. A l’origine, chaque armée avait la responsabilité de l’entretien de tout son matériel. En 1999-2000, des structures interarmées sont créées : la Simmad pour l’armée de l’air et la SSF pour la marine. « La Simmad agit en tant que maître d’ouvrage et délègue à l’industrie, lorsque cela est économiquement plus efficace, des travaux de maintenance. Elle procède à des appels d’offres lorsque cela est possible », souligne un membre de la direction de la Simmad. Le portugais Ogema a été retenu pour l’entretien d’une partie du parc d’hélicoptères de l’armée de terre ; le suisse Jet Aviation pour celui des Falcon 50 de la marine. Le secteur militaire vit ainsi une véritable révolution culturelle. « Michèle Alliot-Marie se bat pour le respect de la loi de programmation militaire. Lorsqu’elle l’est, c’est un encouragement à être encore plus performant », admet Jean-Louis Rotrubin.


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