mardi 12 décembre 2017

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Lente mutation pour l’armée de terre

V. Gd., le Figaro

jeudi 10 novembre 2005, sélectionné par Spyworld

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L’armée de terre doit gérer la baisse de son plan de charge industriel.

LA BAISSE des coûts est également un des objectifs prioritaires de l’armée de terre. Toutefois, elle semble avancer lentement pour des raisons spécifiques à la variété de ses missions, à la diversité des matériels et à son organisation.

La création de Giat Industries par externalisation de la Direction générale de l’armement (DGA) en 1991 a débouché sur un Yalta. Avec, d’un côté, l’outil industriel et les programmes confiés au nouveau groupe ; de l’autre, les arsenaux de maintenance qui sont restés au sein du ministère de la Défense.

En outre, contrairement à la Simmad (armée de l’air) et à la SSF (marine), la DCMAT effectue elle-même presque tous les travaux. Ce qui va changer : « D’ici à 2008, nous ne ferons plus les grosses opérations de réparation et de reconstruction. la DCMAT sera recentrée sur un métier : le soutien direct aux forces », précise le général Barthélemy, directeur de la DCMAT. Ainsi, celle-ci a confié à Giat l’entretien du futur VBCI, le blindé de transport de troupe, pendant deux ans, ainsi que du futur canon Caesar pendant cinq ans. Deux équipements qui entreront en service en 2008.

« C’est une première, insiste Luc Vigneron, président de Giat Industries. Giat est performant économiquement car, en tant que fabricant de ces nouveaux matériels, il les connaît parfaitement et est plus à même d’en cerner les coûts de maintenance. » A l’avenir, estime-t-il, on ira vers une forfaitisation grandissante des contrats. Le groupe public compte porter la part de la maintenance dans son activité à 30% au-delà de 2006, contre 20% aujourd’hui. Si la DCMAT évolue lentement, ce n’est pas par rigidité mais parce que ce changement comporte une bombe à retardement.

La DCMAT est également une entreprise industrielle avec 35 sites dispersés sur le territoire ainsi que 7 500 personnels à statut, dont des milliers d’ouvriers d’Etat. Tout mouvement brutal provoquerait un séisme social. La difficile restructuration de Giat incite les autorités de tutelle à piloter l’évolution de la DCMAT en douceur. Les équipes du général Barthélemy adaptent ainsi la baisse des charges (- 5% par an à partir de 2007) aux effectifs. A partir de 2008, ceux-ci devraient naturellement fondre de 5% par an au gré des départs à la retraite. A cette échéance, la DCMAT aura également fermé le site de Vannes spécialisé dans la réparation de camions.


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