mardi 17 octobre 2017

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Internet : un élément à part entière de la panoplie militaire

Interview de Nicolas Arpagian par Christophe Boltanski, Nouvelobs.com

mardi 31 mars 2009, sélectionné par Spyworld

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Une enquête canadienne vient de mettre à jour une vaste opération d’espionnage numérique. Les serveurs qui ont servi à cette attaque ont été localisés en Chine. Faut-il accuser l’Etat ou des hackers chinois ?

- Je ne crois pas une seconde que des citoyens chinois puissent se lancer spontanément dans ce type d’attaque sans que les autorités n’en soient alertées. En Chine, il n’y a que deux fournisseurs d’accès. Une société a le monopole au nord, une autre au sud. Il n’y a donc que deux tuyaux à surveiller. Mais il sera très difficile, voire impossible, d’établir la culpabilité de l’Etat chinois, tout comme il a été impossible de prouver l’implication des services secrets russes dans l’offensive numérique lancée contre l’Estonie en avril 2007. Cette fois-ci, les attaques ont transité par des serveurs chinois, mais aussi californiens. Les assaillants peuvent agir de n’importe où. Ils n’ont qu’à recourir aux Bot Nets, ces fameux robots qui se servent de votre ordinateur personnel comme d’un relais pour lancer une opération. La difficulté avec Internet c’est qu’il n’y a pas de lien incontestable entre le propriétaire d’une machine et son utilisateur.

Quelles sont les armes de cette guerre numérique ?

- La panoplie existante en matière de cyber attaque est extrêmement vaste. Vous pouvez saturer un site internet, faire sauter le standard, en le bombardant de connections simultanie. C’est le déni de service. Vous pouvez aussi altérer le contenu d’un site, comme l’ont fait les attaquants de la Géorgie et de l’Estonie, qui ont posté un peu partout des photos d’Adolphe Hitler. Vous pouvez aussi vous insérer dans un site comme un cambrioleur grâce à un Malware, un logiciel malveillant. C’est la technique du cheval de Troie. Vous envoyez un message à quelqu’un, via l’adresse d’un de ses amis pour qu’il ne se méfie pas. Souvent il s’agit d’une vidéo rigolote ou pornographique. Pendant qu’il ouvre le document, vous insérer sur son disque dur un logiciel pirate qui vous permettra l’extraction de données ou la prise de contrôle de l’ordinateur. Il n’y a pas de barrière technique qui tienne durablement.

Les Chinois sont-ils les seuls à mener cette guerre numérique ?

- Dans l’avenir, tous les conflits classiques s’accompagneront de cyber attaques. Les chinois disposent d’immenses moyens. Ils ont été parmi les premiers à réfléchir à une stratégie militaire numérique. Mais tout le monde s’y met. Le journal Der Spiegel vient de révéler que le BND, les services secrets allemands, avait mené 2500 attaques informatiques au cours des derniers mois. Dans son dernier livre blanc sur la défense nationale, en juin 208, la France a admis pour la première fois qu’elle pouvait elle aussi mener des opérations offensives sur le Net. C’est dorénavant un élément à part entière de la panoplie militaire.


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