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Des criminels pourraient travailler dans les aéroports croit la vérificatrice

La Presse Canadienne

mercredi 1er avril 2009, sélectionné par Spyworld

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Des individus liés au crime organisé pourraient encore techniquement travailler dans les aéroports du pays et se servir de leur position pour s’adonner à des activités illégales, selon la vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, qui a déposé mardi son plus récent rapport.

Le manque de communication entre Transport Canada et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) permettrait toujours à des personnes "à risque élevé", peut-être en lien avec des criminels notoires, de pénétrer dans les zones aéroportuaires sécurisées.

Transport Canada n’a pas accès au système de gestion de l’information de la GRC et le protocole d’échange de renseignements des deux organismes n’existe plus, a déploré la vérificatrice générale.

"De plus, certains ministères et organismes ont mentionné que des obstacles juridiques les empêchaient d’échanger entre eux des renseignements", a affirmé Mme Fraser lors de la conférence de presse précédant le dépôt du rapport aux Communes.

"Dans le monde du renseignement de sécurité, l’échange d’information est essentiel. Quand il existe des contraintes juridiques, le gouvernement doit trouver une solution", a-t-elle poursuivi.

Un autre élément susceptible de constituer une faille de sécurité dans les aéroports du pays est l’absence de critères établis pour vérifier les antécédents des personnes embauchées pour travailler dans les zones réglementées. Les candidats, qui peuvent traîner un casier judiciaire, sont évalués au cas pas cas, avec les zones grises et les approximations que cette méthode comporte.

"(Les fonctionnaires de Transport Canada) voient leur rôle comme étant limité aux actes de terrorisme contre les avions et les passagers et ils ne se préoccupent pas des activités criminelles. On peut conclure qu’il y a une faille dans le système. Quelqu’un doit s’en occuper", a-t-elle plaidé.

En 2008, une enquête de la GRC avait permis de conclure que 60 employés des aéroports des grandes villes canadiennes avaient des liens criminels et se servaient de leur poste pour se livrer des activités illégales.

Depuis 2004, quand son bureau avait révélé que des individus impliqués dans des complots criminels travaillaient dans des aéroports du pays, les progrès accomplis ont été insuffisants, a conclu Mme Fraser.

Lorsqu’il s’agit de sécurité, la difficulté est souvent de trouver l’équilibre entre les moyens de contrer les menaces et la protection des renseignements personnels des citoyens. Encore une fois, la vérificatrice a constaté peu d’avancées sur ce point.

Enfin, il n’existe pas suffisamment d’organismes de surveillance externes et indépendants chargés d’évaluer les agissements des organismes de sécurité et de renseignements, de l’avis de Mme Fraser, même si le gouvernement a fait plusieurs pas dans la bonne direction.

Interrogé mardi sur le dossier de la sécurité aéroportuaire à la sortie de la période de questions aux Communes, le ministre des Transports, John Baird, a déclaré être complètement en accord avec les conclusions du rapport de la vérificatrice.

"Si vous êtes un escroc reconnu coupable, impliqué dans du trafic de drogue, vous ne devriez pas travailler dans un aéroport", a-t-il admis.

Il a indiqué que son ministère avait déjà entamé des discussions avec la GRC sur le sujet et qu’il s’attendait à des résultats d’ici une dizaine de jours.

Rapport positif

Outre certains éléments liés à la sécurité nationale, la vérificatrice générale montre aussi du doigt dans son rapport le gouvernement pour la lenteur dont il fait preuve dans le processus de nominations du gouverneur en conseil et pour ses lacunes dans la vérification des impôts des petites et moyennes entreprises.

Ce rapport, qui constitue par définition une sorte de bulletin scolaire pour le gouvernement, affiche malgré tout un bilan plutôt positif.

Des progrès ont été accomplis quant à l’évaluation de la salubrité de l’eau potable et de la qualité de l’air, ainsi que dans la conversion des terres en réserves autochtones.

Ceux qui craignaient un engorgement chez Passeport Canada avec l’entrée en vigueur le 1er juin 2009 de l’obligation pour les Canadiens de détenir un passeport pour passer la frontière américaine terrestre ou maritime peuvent être rassurés, a-t-elle également noté.

"Passeport Canada a fait beaucoup d’efforts pour corriger les problèmes liés à l’augmentation soudaine des demandes de passeport. Il reste à savoir si les Canadiens et les Canadiennes suivront son conseil et présenteront leur demande plus tôt", a indiqué Mme Fraser.

En 2007, après que les Etats-Unis eurent annoncé leur intention d’exiger un passeport des citoyens canadiens traversant la frontière par voie aérienne, Passeport Canada avait vu le nombre de demandes bondir de 47 pour cent, en janvier seulement.

Les importants retards alors engendrés avaient provoqué le mécontentement des demandeurs de passeport qui avaient dû retarder ou annuler leurs voyages.

Selon la vérificatrice, Passeport Canada a bien "retenu sa leçon", entre autres en embauchant davantage de personnel et en simplifiant le traitement des demandes.


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