mardi 12 décembre 2017

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Les espions débarquent de plus en plus au Canada

Fabrice de Pierrebourg, Ruefrontenac.com

samedi 4 avril 2009, sélectionné par Spyworld

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Le directeur du contre-espionnage canadien (SCRS) s’inquiète de la recrudescence des activités d’espionnage étrangères sur le territoire canadien.

La menace terroriste, priorité no 1 depuis le 11 septembre 2001, ne doit pas occulter une autre menace, celle des James Bond qui affectionnent de plus en plus le Canada. C’est le message que fait passer Jim Judd, directeur du SCRS, en préambule du dernier rapport annuel de son organisation.

Le document a été dévoilé vendredi à l’issue d’une semaine éprouvante pour le Service, en raison d’une polémique ayant éclaté devant le comité parlementaire de la sécurité publique sur l’utilisation éventuelle de renseignements obtenus par la torture.

« L’espionnage, la principale source de préoccupation des services de renseignements jusque dans les années 1990, n’a pas disparu après le 11-Septembre, prévient Jim Judd. Bien au contraire, il reprend de la vigueur, ne cesse d’évoluer et se fait même plus offensif grâce aux nouvelles technologies. »

Sans les nommer, celui-ci s’inquiète aussi des activités d’ingérence étrangères, c’est-à-dire des opérations de surveillance et d’intimidation d’opposants orchestrées par certains États.

Avare de détails

Bien qu’il se défende par ailleurs de cultiver le secret, le SCRS est avare de détails et se garde bien de donner des exemples précis et de dénoncer sur la place publique les pays qui mènent des activités clandestines. Les auteurs mettent toutefois en lumière les tactiques employées par ces agents secrets pour s’implanter au Canada. Entre autres choses en mettant à profit les « subtilités des programmes et des politiques des pays occidentaux sur l’immigration et le droit d’asile », explique-t-on. Autrement dit, en profitant de la tradition d’accueil et de la générosité du Canada.

« Pour obtenir un statut ou un autre au Canada afin de pouvoir se livrer à des activités clandestines – vol, recrutement et exploitation de sources, intimidation des communautés d’immigrants –, ils utilisent de faux documents, une fausse identité et une légende et des couvertures. »

Un des rôles dévolus au SCRS consiste justement à débusquer les terroristes ou espions potentiels en amont, avant qu’ils ne passent la frontière, soit en tant que visiteurs, soit en tant qu’immigrants. L’agence de renseignement dispose d’un réseau d’une trentaine de bureaux et d’une cinquantaine d’agents disséminés à l’étranger, la plupart dans des lieux tenus secrets. Seuls les bureaux de Paris, Londres et Washington sont reconnus officiellement. C’est ainsi qu’en 2007-2008, le SCRS a procédé à près de 395000 « filtrages des demandes d’immigration », dont 6600 concernaient un statut de réfugié.

Le SCRS évoque aussi les dégâts causés par l’espionnage économique dans plusieurs secteurs où le Canada s’est taillé une place enviable, en particulier la biotechnologie, l’aérospatiale et les communications. Plusieurs pays ont été impliqués ces dernières années dans des affaires d’espionnage plus ou moins médiatisées. Le cas le plus spectaculaire est celui de la neutralisation en novembre 2006 d’un espion russe qui se cachait ici depuis des années sous le nom d’emprunt de Paul William Hampel. Mais des pays comme la Chine ou l’Iran ont aussi été mêlés à des histoires reliées à de l’espionnage économique, à de l’ingérence ou bien du cyberespionnage.


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