mercredi 18 octobre 2017

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Iran : La journaliste irano-américaine accusée d’espionnage

AFP

mercredi 8 avril 2009, sélectionné par Spyworld

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La journaliste irano-américaine Roxana Saberi, emprisonnée à Téhéran depuis fin janvier, a été inculpée pour espionnage, a déclaré mercredi le vice-procureur Hassan Haddad à l’agence Isna.

"L’affaire a été transmise au tribunal révolutionnaire. Elle n’avait pas d’accréditation de presse et menait des activités d’espionnage sous le couvert de journalisme", a dit M. Haddad.

"Les preuves sont mentionnées dans son dossier et elle a reconnu les charges. Elle a été arrêtée en vertu des lois de la République islamique d’Iran", a-t-il souligné.

La journaliste de 31 ans, qui détient la double nationalité américaine et iranienne, avait initialement été détenue pour achat d’alcool, interdit dans la République islamique.

Cette inculpation est survenue en dépit des ouvertures diplomatiques du président américain, Barack Obama, et de la demande de sa secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, de libérer la journaliste.

"J’irai samedi au tribunal pour demander à voir le dossier, pour ensuite entreprendre les actions légales nécessaires. Je demanderai également à rencontrer Roxana", a déclaré à l’AFP son avocat Abdolsamad Khoramshahi.

Interrogé sur les accusations d’espionnage, M. Khoramshahi a déclaré qu’il "ne (pouvait) pas réagir avant d’avoir lu l’acte d’accusation".

En mars, les autorités ont indiqué que sa carte de presse lui avait été retirée en 2006, et que depuis elle travaillait "illégalement" en Iran. Roxana Saberi collabore notamment à la radio publique américaine NPR, la BBC et la chaîne de télévision américaine Fox News.

La journaliste, incarcérée à la prison d’Evin dans le nord de la capitale, a pu rencontrer lundi pendant une demi-heure ses parents, arrivés la veille des Etats-Unis où ils résident.

Après la visite, son père, Reza Saberi, avait indiqué que l’état de santé de sa fille était "bon" et qu’"elle serait bientôt libérée". Il avait affirmé que sa fille, née et élevée aux Etats-Unis, "avait envisagé une grève de la faim mais en a abandonné l’idée". Il avait également dit "connaître les accusations" sans vouloir les révéler, expliquant que le dossier était entre les mains de leur avocat.

Abdolsamad Khoramshahi avait indiqué dimanche que l’affaire, accompagnée d’un acte d’accusation, avait été envoyée au tribunal révolutionnaire dont le juge devait décider de tenir ou pas un procès, ou de demander un complément d’enquête.

Selon lui, en cas de renvoi devant la justice, la première audience pouvait "se tenir d’ici 20 jours à un mois".

Les parents de la journaliste avaient demandé sa libération le mois dernier au guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.

Les Etats-Unis ont réitéré le 25 mars leur appel aux autorités iraniennes pour qu’elles permettent aux services consulaires suisses, qui représentent les intérêts américains en Iran, de rencontrer la journaliste.

Hillary Clinton a affirmé qu’une délégation américaine avait remis à une délégation iranienne, lors d’une brève rencontre dans le cadre d’une conférence sur l’Afghanistan à La Haye le 31 mars, une lettre demandant la libération de trois Américains détenus en Iran, dont Mlle Saberi.

Le porte-parole de la diplomatie iranienne Hassan Ghashghavi a démenti qu’une telle rencontre ait eu lieu et qu’une lettre ait donc été remise.

Le vice-procureur de Téhéran a souligné que la journaliste était entrée en Iran en tant que "citoyenne iranienne", alors que l’Iran ne reconnaît pas le principe de la double nationalité.


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