mardi 12 décembre 2017

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La France sur écoutes à l’Onu à Genève

Nouvelobs.com

vendredi 17 décembre 2004, sélectionné par Spyworld

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Une installation d’écoutes clandestine semblant de conception russe a été découverte au siège des Nations unies dans une salle utilisée par la France.

L’installation sophistiquée d’écoutes clandestines découverte à l’automne au siège des Nations Unies à Genève se trouvait dans une salle utilisée par la délégation française, notamment par le président Jacques Chirac, selon les médias hélvétiques. Selon la Télévision suisse romande (TSR), qui a révélé l’affaire jeudi soir, cette salle, dite "Salon français", a été utilisée par la délégation française en septembre 2003 lors d’une importante réunion des ministres des Affaires étrangères des Etats-Unis, de Russie, de Chine, de Grande-Bretagne et de France, les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité, au sujet de l’Irak. Le salon a aussi été utilisé en janvier dernier lors de la rencontre entre les présidents français Jacques Chirac et brésilien Luiz Inacio "Lula" da Silva.

Confirmation

Les Nations Unies ont confirmé jeudi soir les informations de la TSR selon lesquelles l’installation a été découverte dans le "Salon français" du Palais des Nations, le siège européen de l’Onu, à l’occasion de la rénovation des locaux. Cette salle est notamment utilisée pour des vidéoconférences entre les sièges de l’Onu à Genève et à New York. "L’enquête n’a pas permis de déterminer quand cet appareil avait été installé ni par qui", a déclaré la porte-parole des Nations Unies à Genève, Marie Heuzé. "Ce n’est pas une pièce qui sert aux négociations, mais une pièce prestigieuse qui présente un intérêt historique et qui est mise à la disposition des chefs de délégation", a souligné Mme Heuzé.

Conception

Un expert ayant vu les photos de l’appareil d’écoute a déclaré à la TSR qu’il semblait de conception russe ou d’Europe de l’est. Sa taille semble indiquer qu’il a été fabriqué il y a trois ou quatre ans, a ajouté cet expert, soulignant qu’il s’agissait d’un dispositif très sophistiqué et très difficile à détecter. Jacques Baud, auteur d’une encyclopédie des services de renseignement, a lui souligné que "c’est la première fois depuis la Guerre froide qu’il y a une preuve matérielle d’une installation d’un tel système à l’Onu". En début d’année, l’ancienne ministre britannique du Développement international Clare Short, qui avait démissionné pour protester contre la guerre en Irak, avait affirmé à la BBC que les services secrets britanniques avaient placé le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan et d’autres responsables des Nations Unies sur écoutes téléphoniques avant le lancement de l’offensive en mars 2003 par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.


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