lundi 16 octobre 2017

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La sécurité nucléaire encore renforcée

Yves Miserey, le Figaro

vendredi 10 avril 2009, sélectionné par Spyworld

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L’Autorité de sûreté va désormais contrôler la protection des sources radioactives contre le volet la malveillance.

L’autorité de sûreté nucléaire (ASN) va élargir son champ d’ac­tion à la protection contre la malveillance et le terrorisme. Déjà chargée du contrôle de la sûreté et de la radioprotection dans les centrales et les usines nucléaires ainsi que dans toutes les activités médicales, industrielles ou scientifiques utilisant la radioactivité, l’ASN devrait bientôt assurer le contrôle de la sécurité de l’ensemble de ces sources radioactives.

Le gouvernement, qui a donné son accord de principe en octobre 2008, prépare une nouvelle réglementation allant dans ce sens. Elle devrait être étendue un peu plus tard aux usines nucléaires, les parades contre les menaces de sabotage devant être clairement exposées dans les dossiers d’autorisation d’exploitation. C’est ce qu’a annoncé mardi André-Claude Lacoste, président de l’ASN, en présentant le rapport annuel de l’Autorité devant l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST).

Il y a actuellement en France près de 30 000 sources radioactives. Elles sont utilisées dans les secteurs médical (radiologie, radiothérapie, dentisterie, etc.) et industriel (analyse de matériau, diagnostic de soudure, etc.). Près de 3 000 d’entre elles pourraient présenter un grave danger en cas de vol ou de sabotage, selon les estimations des experts de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) qui détient le registre des sources radioactives employées en France. Si une d’entre elles est dérobée, elle peut être utilisée pour fabriquer une bombe sale.

Les contrôles que l’Autorité de sûreté nucléaire exerce actuellement sur les sources radioactives concernent seulement la radioprotection. « Ces dispositions ne sont pas suffisantes pour garantir un haut niveau de sécurité pour les sources les plus dangereuses », reconnaît l’ASN. La sécurité des sources scellées qui peuvent donner lieu à des utilisations malveillantes par dissémination ou par irradiation doit être mieux assurée, indique le rapport.

Concrètement, par exemple, les mesures de radioprotection obligent à détenir les sources radioactives dans des endroits fermés à clé. Quand leur activité est très forte, les mesures de confinement sont encore plus contraignantes et le nombre de personnes pouvant y avoir accès est limité. Mais le fait d’ajouter des règles de sécurité aux mesures de radioprotection devrait encore renforcer les contraintes. Le système d’attribution des clés serait explicitement défini et des dispositifs pourraient être mis en place pour détecter des accès non autorisés.

Code de bonne pratique

La nécessité d’intégrer le contrôle de la sûreté et de la sécurité est apparue après les attentats du 11 Septembre. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a préconisé cette intégration dans son code de bonne pratique. « Parmi les quinze principales puissances nucléaires, il n’y a qu’en Corée du Sud et en France que la sécurité des installations nucléaires n’est pas assurée par l’Agence de sûreté », a indiqué André-Claude Lacoste.

Cette réforme ne signifie pas que l’ASN va se substituer aux services de l’État chargés de la sécurité intérieure et représentés notamment par le haut fonctionnaire de défense (HFD). Ce dernier siège désormais au sein du ministère de l’Écologie (il était auparavant à l’Industrie). « Cette réforme qui ajoute un volet sécurité à la sûreté nucléaire est une très bonne chose », se félicite le député PS Jean-Yves Le Déaut, membre de l’Opecst. L’ASN pose deux conditions : recruter du personnel supplémentaire pour assurer les inspections et définir des règles de transparence appropriées à ce dossier délicat.


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