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Pyongyang veut relancer ses activités nucléaires

J.B., le Figaro, avec AFP et AP

mardi 14 avril 2009, sélectionné par Spyworld

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La Corée du Nord entend quitter les négociations à six sur sa dénucléarisation et poursuivre son programme nucléaire, en réaction à la condamnation par le Conseil de sécurité de l’ONU de son récent tir de fusée.

La Corée du Nord n’aura pas tardé à réagir à la condamnation par le Conseil de sécurité de l’ONU de son tir de fusée effectué le 5 avril dernier. Pyongyang a annoncé mardi qu’elle allait quitter les négociations à six sur sa dénucléarisation, selon l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA. La Corée du Nord « rejette fermement » la décision du Conseil de sécurité, a déclaré le ministère nord-coréen des Affaires étrangères dans un communiqué diffusé par KCNA. « Les discussions à six (les deux Corées, la Chine, les Etats-Unis, le Japon et la Russie, ndlr) n’ont plus lieu d’être », a ajouté le ministère. « Nous ne participerons plus jamais à de telles discussions et ne nous estimerons liés par aucune décision prise dans le cadre de ces discussions », ajoute le communiqué qui réaffirme aussi que Pyongyang poursuivra le développement de son programme nucléaire et de son programme spatial.

Première capitale à réagir à cette annonce, Moscou « regrette » la décision de la Corée du Nord tout en appelant Pyongyang à poursuivre les discussions, selon le ministère russe des Affaires étrangères. Le gouvernement japonais a aussi « fermement » appelé la Corée du Nord à revenir à la table des négociations. De son côté la Chine a appelé « au calme » et « à la retenue » afin de sauver les négociations sur la dénucléarisation de la Corée du Nord. Mais Pékin a aussi appellé Pyongyang à reprendre les négociations.

Déclaration plutôt que résolution

Lundi, après de difficiles tractations, le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné le récent tir de fusée balistique effectué par la Corée du Nord et renforcé le régime de sanctions mis en place à son encontre en 2006, dans une déclaration toutefois non contraignante. Dans les faits, les 15 membres du Conseil ont adopté à l’unanimité une déclaration présidentielle, une réaction moins forte qu’une résolution, souhaitée par les Etats-Unis et le Japon mais à laquelle s’opposaient la Chine et la Russie.

Le texte de cette déclaration souligne clairement qu’il s’agit d’une violation de la résolution adoptée par le Conseil de sécurité après le premier essai nucléaire nord-coréen en 2006, interdisant toute activité balistique au régime de Pyongyang. L’ONU appelle la Corée du Nord à ne plus procéder à de nouveaux tirs. Le renforcement des sanctions signifie, selon les diplomates onusiens, que le Conseil désignera avant fin avril des entreprises nord-coréennes qui tomberont sous le coup d’un gel de leurs avoirs financiers à l’étranger. La déclaration demande enfin que les pourparlers à six « reprennent rapidement ». Pyongyang s’y oppose.

À Washington, Barack Obama a salué la déclaration onusienne. Le président américain s’est félicité du « message clair et uni » envoyé par les Nations unies à la Corée du Nord, sur l’illégalité d’une action, qui pourrait avoir de réelles conséquences, selon le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, à Washington. La communauté internationale soupçonne Pyongyang d’avoir voulu tester sa technologie de tir de missiles à longue portée sous couvert de mise en orbite d’un satellite de communication. D’ailleurs la déclaration de l’ONU ne précise pas s’il s’agissait d’un missile ou d’un satellite.


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