dimanche 10 décembre 2017

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Le budget de la Défense compliqué à tenir en 2009

Cécile Crouzel, le Figaro

mardi 14 avril 2009, sélectionné par Spyworld

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La crise immobilière rend incertaine la réalisation de un milliard d’euros de cessions d’immeubles prévues dans le budget du ministère.

C’est l’une des particularités des finances du ministère de la Défense : pour boucler le budget qui lui a été alloué cette année, le ministère doit engranger près de 1,6 milliard d’euros de recettes exceptionnelles. Recettes dont le sort est plus que jamais incertain. 600 millions sont censés provenir de ventes de fréquences hertziennes, actuellement réservées aux conversations militaires et qui devraient être libérées pour des opérateurs privés.

Or, « la vente des fréquences hertziennes ne se fera probablement qu’en 2010 », admet-on dans l’entourage du ministre de la Défense, Hervé Morin. Le milliard d’euros d’autres recettes exceptionnelles doit quant à lui provenir de la vente d’immeubles. Et là, la crise immobilière complique la donne.

Au ministère, on reste con­fiant : « Nous avons déjà engrangé 350 millions d’euros, issus notamment de quelques ventes en province. Surtout, nous avons renégocié notre contrat avec la société qui gère notre parc de logements, ce qui nous a procuré 224 millions de recettes en plus. » Restent donc 650 millions à trouver d’ici à la fin de l’année pour tenir les prévisions. Tout dépendra de l’opération sur l’immobilier parisien. En se regroupant à Balard, pour créer un Pentagone à la française, le ministère va à terme libérer de grandes emprises détenues dans la capitale, notamment dans le VIIe arrondissement avec l’îlot Saint-Germain (hors hôtel de Brienne) ou l’îlot Bellechasse. À l’origine, il était prévu que le ministère cède en 2009 ses immeubles à une société de portage, filiale de la société publique Sovafim dans laquelle la Caisse des dépôts et consignations (CDC) prendrait une participation. À charge pour cette société de mettre les biens en vente, au fil des années.

Économie sur le carburant

A priori, ce système est mu­tuellement avantageux : la Défense récupère immédiatement l’argent et la société de portage encaisse des loyers du ministère tant que celui-ci occupe les locaux. Sauf que, avec la baisse des prix de la pierre, la société de portage prend désormais le risque de subir des moins-values à la revente. Du coup, les négociations ne sont pas bouclées. « Nous discutons avec la CDC et la Sovafim du partage des risques et du prix auquel elles achèteront les actifs. Nous regardons aussi si certains immeubles ne peuvent pas être vendus directement. N’oublions pas que les prix ne reculent pas dans Paris », précise-t-on au ministère de la Défense. Y aura-t-il des retards dans la mise en œuvre du plan immobilier ? Non, répond-on au ministère. Et pourtant : « Le calendrier nous inquiète. Six mois de report dans les recettes sont gérables, mais pas quatorze », explique-t-on dans l’entourage du député Guy Teissier, le président de la commission de la défense à l’Assemblée. Auditionné par cette commission en mars, Éric Woerth, le ministre du Budget, a été clair : mieux vaut attendre un peu que brader un bien.

Seule éclaircie : la baisse de l’inflation offre des marges de manœuvre inattendues. Prévue à 2 %, la hausse des prix tourne aujourd’hui autour de 0,4 %. Les 600 millions budgétés en 2009 pour compenser l’inflation peuvent donc, au final, n’en représenter que 120, soit une économie de 480 millions. Quant à la baisse des cours du pétrole, elle pourrait faire gagner 150 à 200 millions en moindre dépense de carburant, selon Bercy. Dans un sens comme dans l’autre, l’exécution du budget relève donc, cette année encore, de la gageure pour les comptables des armées.


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