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SCRS : Le directeur s’apprête à partir

Radio-Canada.ca

mercredi 15 avril 2009, sélectionné par Spyworld

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Le directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), Jim Judd, va quitter son poste dans les prochains mois, a appris le réseau anglais de Radio-Canada.

À la tête de ce service depuis quatre ans et demi, il a annoncé sa volonté de démissionner au premier ministre Stephen Harper, selon une source proche de celui-ci.

Durant son mandat, M. Judd a fait croître le SCRS de façon marquée. Le SCRS compte aujourd’hui 1450 employés, dont 900 agents de terrain d’exploitation au Canada et à l’étranger.

Il démissionne toutefois à un moment délicat pour l’institution, qui prépare la tenue des Jeux olympiques de Vancouver en 2010 et qui participe à la recherche de renseignements dans la région afghano-pakistanaise.

Rien ne laisse croire qu’il serait en colère ou sous pression, selon Brian Stewart, journaliste à CBC. Cependant, son départ pourrait causer la surprise de plusieurs dans le monde du renseignement, y compris chez les agences travaillant à l’étranger avec le Canada. Jim Judd était perçu comme un leader fort et déterminé, qui voulait renforcer la dimension internationale du SCRS, ajoute M. Stewart.

Le Canada, cible de choix pour l’espionnage

D’autre part, le Canada serait de plus en plus victime d’espionnage industriel, selon le rapport annuel du SCRS 2007-2008.

« L’espionnage, la principale source de préoccupation des services de renseignements jusque dans les années 90, n’a pas disparu après le 11 septembre [2001]. Bien au contraire, il reprend de la vigueur, ne cesse d’évoluer et se fait même plus offensif grâce aux nouvelles technologies », souligne Jim Judd.

Parmi les secteurs visés par l’espionnage figurent l’agriculture, la biotechnologie, les communications, l’exploitation pétrolière et minière, l’aérospatiale et l’ingénierie des systèmes de commande, selon le rapport.

Les « avantages offerts par les secteurs industriels et privés ouverts et prospères [...] attirent les services de renseignement étrangers, de même que les bandes criminelles et les organisations terroristes internationales », peut-on lire dans le document.

Le SCRS note au passage que le Canada a accès à des technologies militaires de ses alliés, en tant que membre de l’OTAN et signataire de plusieurs accords de défense.

La Chine en ligne de mire

Le rapport n’identifie aucun pays responsable de cet espionnage, mais le SCRS a mis en cause la Chine dans le passé. En 2006, le gouvernement conservateur s’était aussi déclaré très inquiet de l’étendue de l’espionnage industriel chinois - des accusations balayées du revers de la main par Pékin.

En 2005, un transfuge chinois a pourtant affirmé que Pékin disposait de plus de 1000 espions au Canada, en partie pour surveiller l’importante communauté d’expatriés chinois.

Les immigrants fragiles

Le SCRS s’inquiète de « l’ingérence étrangère dans les affaires intérieures des pays, surtout au sein des sociétés multiculturelles qui, comme la nôtre, comptent d’importantes communautés d’immigrants ».

Il souligne que des agents étrangers utilisent de faux documents, une fausse identité et des couvertures pour pénétrer dans le pays et « se livrent à des activités clandestines - vol, recrutement et exploitation de sources, intimidation des communautés d’immigrants ».

La menace terroriste persiste

Le rapport cite une déclaration de Jim Judd, directeur du SCRS, selon lequel la menace terroriste la plus sérieuse qui pèse actuellement sur la plupart des démocraties est généralement associée à l’idéologie d’Al-Qaïda. « Cela s’applique au Canada également », écrit-il.

« Heureusement, aucun attentat n’a jusqu’à maintenant fait autant de victimes que celui du 11 septembre [2001 aux États-Unis], mais cela ne signifie pas que la menace s’atténue », souligne M. Judd.

Jim Judd, directeur du SCRS - Photo : La Presse Canadienne /Fred Chartrand


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