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Le Rafale part favori pour équiper en avions neufs la force aérienne brésilienne

Annie Gasnier, le Monde

lundi 20 avril 2009, sélectionné par Spyworld

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L’avionneur Dassault Aviation est l’un des trois "finalistes" sélectionnés par la Force aérienne brésilienne (FAB), pour s’équiper d’appareils neufs de combat. Le Rafale est en concurrence avec le F-18E Super Hornet, de l’entreprise américaine Boeing, et le Gripen NG, de la suédoise Saab.

Selon le service de communication de la FAB, le choix sera annoncé entre juillet et octobre prochain, quand les autorités militaires, puis gouvernementales, auront examiné la dernière offre de chaque entreprise, leur "Best and final offer" (BAFO). Avant la prochaine année électorale, espère la Force aérienne.

L’enjeu est de taille, pour ce "contrat du siècle" évalué à 1,6 milliard d’euros, où la société Dassault joue sans doute sa survie. Le projet F-X2 prévoit l’acquisition de 36 avions de chasse, mais l’avion "multi-rôle" exigé devrait, à long terme, remplacer l’ensemble des exemplaires de combat des armées brésiliennes, de 120 à 150 unités. Sans compter le marché sud-américain, qui se rééquipe.

"Le Brésil n’achète pas un avion de combat, il va construire cet avion", a dernièrement rappelé Nelson Jobim, le ministre de la défense. L’appel d’offres exige un transfert de technologie et les trois candidats se sont tous alliés à Embraer, le fabricant d’avions militaires et commerciaux brésilien.

Dassault estime avoir élaboré une proposition séduisante. Le constructeur, qui avait participé au précédent projet FX, resté sans suite, avec le Mirage 2000-5, présente son Rafale comme "un appareil "omni-rôle" muni des innovations technologiques de dernière génération". Cités en exemple, l’écran face au pilote, qui concentre toutes les données et permet de changer de mission en cours de vol, et l’équipement bimoteur dans une immensité où, au-dessus de l’Amazonie, une panne serait fatale au pilote et son appareil. Le Gripen n’a qu’un seul réacteur.

ACCORDS DE DÉFENSE

Dassault mise aussi sur un autre atout : son indépendance. "Nous maîtrisons toute la technologie du Rafale, un gage de fiabilité et de pérennité pour les Brésiliens, avec qui nous avons intérêt à partager cette technologie", explique le représentant du GIE Rafale International et directeur de Dassault International au Brésil, Jean-Marc Mérialdo.

Lors de la première sélection, le Soukhoï russe a été éliminé pour avoir refusé le transfert exigé. Les Américains se sont récemment engagés à partager leur savoir, mais l’exportation de haute technologie militaire dépend, non du fabricant, mais du Congrès à Washington. Le Gripen compte aussi des éléments essentiels fournis par les Américains.

Si la presse brésilienne qualifie le Rafale de "favori", c’est en raison des accords de défense signés en décembre 2008, à Rio de Janeiro, par les présidents Luiz Inacio Lula da Silva et Nicolas Sarkozy. Dans le cadre du partenariat stratégique liant désormais Brasilia et Paris, la France va "aider" le Brésil à fabriquer 50 hélicoptères et quatre sous-marins. Et Dassault espère bénéficier de ce contexte politique.

Les militaires élaborent actuellement leur choix technique, mais la décision sera politique et reviendra au président Lula.


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