samedi 16 décembre 2017

Accueil du site > Défense > France > « La seule activité où la crise peut avoir un impact est la simulation (...)

« La seule activité où la crise peut avoir un impact est la simulation aéronautique »

Dominique Vilbois, PDG d’ECA, Propos recueillis par Nicolas Sandanassamy, Easybourse.com

jeudi 23 avril 2009, sélectionné par Spyworld

logo

Votre groupe vient de publier ses résultats 2008, faisant notamment état d’un chiffre d’affaires de 88,6 ME en croissance de 9,2% à périmètre comparable, d’un résultat opérationnel courant en croissance également de 16,3% à 9,3 ME à fin décembre 2008, et le résultat net 2008 atteint 6,2 ME, soit une marge nette de 7%. Quels ont été les moteurs ayant tiré la croissance sur l’exercice 2008 (pôle d’activité, secteur Défense ou Civil…) ?

Nous avons eu une forte croissance de la prise de commandes sur l’exercice -notre carnet de commandes s’est ainsi élevé à près de 112 millions d’euros en 2008-, et cette croissance s’est faite sur pratiquement tous les domaines d’activité d’ECA.

A titre d’exemple, dans le secteur de la Défense, nous avons enregistré une importante commande de la marine indienne en début d’année pour les K-STER, nous avons également obtenu au mois d’août la commande pour les équipes d’autoprotection qui sont destinées aux véhicules blindés actuellement en Afghanistan…

Nous avons par ailleurs pris des commandes dans le nucléaire, nous avons celles de l’armée américaine pour nos simulateurs, et nous avons commencé à en prendre chez Airbus dans le cadre du programme A350…

Au total, tous nos secteurs d’activité ont été concernés par cette dynamique, ce qui s’est évidement traduit par la croissance de notre chiffre d’affaires, avec un deuxième semestre bien supérieur au premier.

Votre résultat net sur 2008 est ressorti légèrement inférieur à celui de 2007, comment l’expliquez-vous ?

Il s’agit en fait d’un effet d’impôt, dans la mesure où nous avons fait pas mal de chiffre d’affaires aux Etats-Unis grâce aux simulateurs. Nous sommes donc imposés là-bas à hauteur de 1 million d’euros environ, or la filiale américaine n’étant pas dans le périmètre d’intégration fiscale, nous n’avons pas pu l’annuler par les déficits antérieurs etc.

Pour résumé, c’est le delta d’impôts par rapport à 2007 qui fait que le résultat net de 2008 est un peu en-dessous de celui de 2007.

Cela étant, le résultat opérationnel reste en augmentation, puisque la marge opérationnelle courante atteint 10,5% en 2008 contre 9,8% en 2007…

Quel a été l’impact de la crise économique et financière sur votre activité en 2008 ? Certains de vos clients ont-ils subi cette crise ?

Sur la plupart de nos secteurs, nous ne sommes effectivement pas touchés par la crise… Dans le secteur de la Défense, ce n’est clairement pas le cas étant donné que nous sommes sur des programmes à long terme, avec des budgets programmés sur plusieurs années... Ceci est vrai en France comme à l’étranger, avec un élément supplémentaire en France qui est le plan de relance.

Or nous sommes concernés par quelques projets dans ce plan de relance de la Défense. Ce sont des projets qui s’accélèrent et sur lesquels d’ailleurs nous ne comptions pas pour 2009. Il s’agit de projets en négociation avec la DGA pour l’instant, mais dont nous espérons avoir un contrat au cours du second trimestre ou au tout début du troisième.

Dans le nucléaire, nous avons déjà pris de belles commandes, si bien qu’aujourd’hui, nous avons une activité de réponse à appel d’offres extrêmement soutenue, ce qui est lié à la croissance de ce secteur avec notamment les contrats qu’Areva obtient sur les nouvelles centrales EPR, mais aussi pour ce qui concerne l’enfouissement des déchets radioactifs et les démantèlements de centrales ou d’installations…

Quant à l’aéronautique, nous avons deux types de clients : Airbus d’une part, avec ses usines de construction d’avions, avec lequel nous sommes en phase finale de négociation pour les usines de l’A350 -nous espérons d’ailleurs avoir des commandes dans le courant du second trimestre mais encore faut-il que les usines soient construites- et pour lequel il n’y a pas d’effet négatif de la crise ; en revanche concernant le deuxième secteur, celui des GSE et des simulateurs aéronautiques, les clients sont plutôt des compagnies aériennes et c’est là où ces derniers peuvent rencontrer des difficultés de financement. On le sent un peu sur la simulation aéronautique mais pas sur les GSE ce qui est logique puisque ce sont des équipements utilisés en maintenance, or les compagnies font justement durer plus longtemps leurs avions, elles ne négligent donc pas l’activité maintenance et par conséquent les GSE…

Finalement le pan d’activité sur lequel la crise peut avoir un impact c’est la simulation aéronautique qui ne représente qu’une petite partie de notre CA, soit environ 3 millions d’euros.

Quel est l’état de votre carnet de commandes pour le début d’exercice 2009, en comparaison de la même période l’an dernier ?

Par comparaison, nous sommes toujours sur une bonne dynamique sur le premier trimestre, nous allons d’ailleurs communiquer sur notre chiffre d’affaires du premier trimestre le 29 avril prochain.

Cela étant, ce que nous pouvons dire aujourd’hui, c’est que nous avons fait un bon premier trimestre tout à fait en ligne avec ce que nous avions prévus. Nous avions en début d’année un carnet de commandes de 85 millions d’euros, ce que nous maintenons pour le premier trimestre, d’autant que durant cette période nous avons décroché des commandes intéressantes notamment celle des K-STER destinés à la marine lituanienne et une autre pour laquelle nous n’avons pas encore communiqué mais destinée à une autre grande marine…

Quelles sont vos perspectives chiffrées pour l’exercice 2009, sachant que vous avez déjà prévu un CA compris entre 90 et 95 millions d’euros ?

Nous sommes rentrés dans l’année 2009 avec 85 millions d’euros de carnet de commandes, dont 55 millions exécutables en 2009.

Au-delà de ça, il est évident que 55 millions d’euros ne sont pas suffisants pour atteindre 90 à 95 millions d’euros de CA, mais nous étions dans des situations équivalentes, voire moins importante en termes de commandes, dans les années passées, or cette prévision de CA est faite en fonction également des offres qui sont en cours et qui sont sur le point de se conclure…

Nous avons préféré communiquer sur une fourchette parce que certains contrats risques d’être un peu décalés dans le temps -je pense notamment au contrat avec Airbus qui représente un montant important dans nos prévisions de prises de commandes, et dont le décalage dans le temps pourrait provoquer une diminution du chiffre d’affaires.

Pour autant, aujourd’hui, nous avons bon espoir d’y parvenir, et lorsque nous publierons notre chiffre d’affaires pour le premier trimestre, vous pourrez constater que nous sommes parfaitement en ligne par rapport à cet objectif…

Vous avez indiqué être à l’écoute de nouvelles opportunités de croissance externe… Quelle activité et/ou quelle zone géographique privilégieriez-vous ? Avec quel budget ?

Nous souhaitons effectivement reprendre une campagne d’acquisitions. Nous avons surtout fait de la consolidation en 2007 et 2008, en digérant et finalisant les réorganisations consécutives aux acquisitions de 2005 et 2006.

Nous avons par ailleurs signé en juillet dernier 20 millions d’euros de convention de crédit avec notre pool bancaire, dont 15 millions d’euros pour faire des opérations d’acquisition, et 5 millions pour financer de l’accroissement du besoin en fonds de roulement…

A noter également que notre structure de bilan est bonne puisque nous sommes très peu endettés par rapport à nos fonds propres.

Pour l’instant, nous n’avons pas touché à cette convention, mais nous nous sommes remis en position afin d’identifier des cibles de plusieurs types, notamment dans le domaine de la robotique militaire aux Etats-Unis -nous considérons en effet que le principal marché de la robotique terrestre, par rapport à l’Europe, est aux Etats-Unis-, et puis en Europe, nous avons identifié des cibles qui permettent de remonter dans la chaîne de valeur de nos produit et notamment dans le domaine des charges utiles qui sont embarquées sur nos robots -il s’agit de tout le domaine des capteurs et de la fusion de données venant des capteurs.

Pour l’heure, nous avons déjà identifié une cinquantaine de sociétés, et nous commençons à avoir des discussions avec quelques unes d’entre elles…


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :