vendredi 31 octobre 2014

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Russie : le puissant chef du renseignement militaire limogé

AFP

vendredi 24 avril 2009, sélectionné par Spyworld

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Le chef du renseignement militaire russe (GRU), l’un des plus puissants services secrets du pays, a été limogé vendredi par le président Dmitri Medvedev, après s’être opposé à une réforme de l’armée, qui prévoit d’importantes réductions d’effectifs.

Le général Valentin Korabelnikov est limogé de son poste et de l’armée, est-il écrit dans un décret présidentiel sans plus de détails.

Le général Alexandre Chliakhtourov a été nommé à la tête du GRU en vertu du même décret.

"Le général Korabelnikov a présenté sa démission par écrit parce qu’il avait atteint la limite d’âge pour servir dans l’armée. Sa demande a été satisfaite", a commenté Alexandre Drobychevski, porte-parole du ministère russe de la Défense.

A la tête du GRU depuis 1997, le général Korabelnikov a 63 ans. Les chefs de l’armée russe servent généralement jusqu’à l’âge de 60 ans.

Selon une source au sein du GRU citée par l’agence RIA-Novosti, le général Korabelnikov a présenté lui-même sa démission par écrit pour protester contre le démantèlement de brigades qu’il juge hautement efficaces.

La suppression de la 67e brigade du GRU de Berdsk, dans la région de Novossibirsk (Sibérie), a entraîné des manifestations inédites en mars, des membres de cette unité d’élite étant alors sortis dans la rue pour réclamer la démission du ministre de la Défense.

"La réforme au sein du GRU à laquelle s’opposait Korabelnikov a eu lieu. Les décisions sur son départ et sur la réduction des effectifs ont été prises en même temps mais le limogeage a été reporté pour que cela n’apparaisse pas comme lié", a commenté Andreï Soldatov, rédacteur du journal internet agentura.ru consacré aux services secrets russes.

Les divergences entre le chef du GRU et le ministre de la Défense Anatoli Serdioukov "ont atteint leur paroxysme", ce qui "explique ce dénouement", a noté le député Mikhaïl Babitch de la commission de la Défense, cité par l’agence Interfax.

"Korabelnikov était l’un des généraux les plus proches de Vladimir Poutine", ancien président devenu Premier ministre en mai 2008, relève l’analyste militaire indépendant Alexandre Golts interrogé par l’AFP.

Selon la presse russe, M. Poutine l’appréciait hautement pour les succès de ses services lors du deuxième conflit russo-tchétchène lancé en 1999 ainsi qu’au Kosovo.

La décision de le limoger ne témoigne toutefois pas d’une scission au sein du tandem Vladimir Poutine-Dmitri Medvedev et a été prise en commun, estime M. Golts.

Les dirigeants russes "reprochent au GRU de ne pas les avoir avertis sur l’intervention géorgienne en Ossétie du Sud" en août, qui a entraîné la guerre russo-géorgienne, affirme M. Golts.

"C’est une victoire du ministre de la Défense dont le but était de diviser le GRU, séparer les Spetsnaz (troupes d’élite) et le renseignement militaire", estime Pavel Felgenhauer, spécialiste des questions militaires et chroniqueur du tri-hebdomadaire Novaïa Gazeta.

Créé sous les bolcheviques en 1918, le GRU a toujours été considéré comme une structure rivale du KGB.

"S’il le faut, nous sommes prêts à agir dans n’importe quel point du globe. Nos services ont prouvé leur efficacité pendant les guerres au Vietnam, au Cambodge, pendant le conflit arabo-israélien, en Angola, en Ethiopie, en Afghanistan, en Yougoslavie, en Irak et dans d’autres régions en crise", avait déclaré le général Korabelnikov dans une interview rarissime en 2006 au quotidien Izvestia.

"A l’époque de la mondialisation, il n’y a plus de +crises lointaines+", avait-il expliqué.


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