mardi 17 octobre 2017

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Incertitude sur l’avenir du PDG de Thales

Alain Ruello, les Echos

lundi 27 avril 2009, sélectionné par Spyworld

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Et si, finalement, le rachat par Dassault des 21 % d’Alcatel-Lucent dans Thales pour 1,6 milliard d’euros ne se faisait... pas ? L’hypothèse apparaît absurde, tant la clôture de l’opération est proche. L’avionneur vient d’obtenir les derniers feux verts des autorités de la concurrence compétentes, en Chine notamment. Et pourtant, certains n’écartent par la possibilité que l’avionneur jette finalement l’éponge. En théorie, c’est possible, puisqu’il lui reste à lever l’une des deux dernières clauses suspensives de l’accord : s’être mis d’accord avec l’Etat sur le nom du futur PDG de Thales. Et, sur ce point, les choses semblent difficiles.

Après plus de dix ans aux manettes et un bilan positif, Denis Ranque doit normalement passer la main en mai 2010. Pour sa succession, ce dernier souhaite que les choses se fassent en suivant une procédure normale de sélection via le comité des nominations du conseil d’administration. De son côté, Dassault a son favori, en la personne de François Quentin, ancien responsable de la division aéronautique de Thales, et n’en démordrait pas.

Le problème, c’est que Denis Ranque a démis l’intéressé de ses fonctions mi-janvier, officiellement pour cause de mauvais résultats. Officieusement, l’histoire est différente. Le PDG de Thales aurait décidé de la sanction après avoir appris que l’Elysée avait promis à Dassault qu’il pourrait faire nommer le candidat de son choix, assure-t-on de bonne source. Ce faisant, Denis Ranque, qui a le soutien de bon nombre de ses administrateurs, a rompu toute possibilité de dialogue avec son nouvel actionnaire privé de référence.

Un accord à l’amiable ?

Et comme le PDG de Thales exclut de démissionner, ne reste plus que deux possibilités : trouver un accord à l’amiable (pour certains, Luc Vigneron, le PDG de Nexter, ferait un bon candidat) ou le révoquer lors de la prochaine assemblée générale, le 19 mai, faute de parvenir à le faire en conseil (aucun n’est d’ailleurs prévu d’ici là).

Ce qui serait sans doute une première dans l’histoire des sociétés contrôlées par l’Etat (mais, après tout, la révocation de l’ex-PDG de SNPE s’est bien faite par décret). Dans ce contexte, la « menace » d’un retrait de Dassault tient sans doute plus de la gesticulation. L’affaire devra en tout cas être réglée avant le 30 juin, date butoir des accords passés avec Alcatel-Lucent.

Contactés, ni Dassault ni Thales n’ont souhaité commenter.


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