jeudi 14 décembre 2017

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Russie : le renseignement militaire change de chef

Ilia Kramnik, RIA Novosti

mardi 28 avril 2009, sélectionné par Spyworld

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Le renseignement militaire russe (GRU) a un nouveau responsable. La démission de Valentin Korabelnikov, annoncée depuis longtemps par la rumeur, est devenue réalité : celui-ci a été remplacé, aux postes de chef du deuxième Département principal et de chef adjoint de l’état-major général des forces armées russes, par son adjoint, le lieutenant-général Alexandre Chliakhtourov.

Ces derniers temps, le renseignement militaire était en émoi, des divergences évidentes étant apparues entre la direction du GRU et le ministère de la Défense sur la conception des réformes militaires, surtout en ce qui concerne le GRU.

Ces contradictions revêtaient plusieurs aspects et concernaient, entre autres, les brigades spéciales du GRU, qu’il était prévu de subordonner aux états-majors des régions militaires. Les informations à ce sujet étaient contradictoires, et il revenait souvent que les unités de spetsnaz seraient tout simplement éliminées des Forces armées de la Russie.

Autre source de conflit : la subordination éventuelle des moyens du renseignement technique du GRU (satellites espions, moyens d’interception des émissions radio, etc.) au SVR (service du renseignement extérieur de la Russie), comme l’avait annoncé un média respectable. Bien plus, cette publication faisait état de la subordination éventuelle de toute la structure du renseignement militaire au SVR. Ces rumeurs ne se sont pas justifiées mais, associées aux informations selon lesquelles Valentin Korabelnikov avait donné sa démission, cette nouvelle a suscité de nombreuses questions sur le sort du GRU et de la réforme militaire dans son ensemble.

Malgré l’inconsistance évidente des rumeurs selon lesquelles la suppression du GRU serait envisagée, de nombreux spécialistes ont compris qu’un conflit avait éclaté entre la direction du GRU et le ministère de la Défense, et que ce conflit entraînerait la démission soit du chef du GRU, soit du ministre de la Défense. Le ministre de la Défense et sa conception des réformes bénéficiant d’un soutien "en haut", le patron du GRU a dû partir.

Ce départ a été organisé comme il se doit : le général d’armée Valentin Korabelnikov s’est vu attribuer un Ordre "Pour les mérites devant la Patrie" de IIIe degré. Selon une source, il aurait choisi lui-même son successeur, le lieutenant-général Alexandre Chliakhtourov.

Les citoyens ne connaissent rien du nouveau chef du renseignement militaire. Les informations sur sa biographie, ses postes antérieurs, etc. faisant défaut tant dans la presse que sur Internet, il est permis de penser qu’Alexandre Chliakhtourov était un agent du renseignement, ce qui explique le profond secret qui l’entoure.

Il est difficile de prévoir ce que deviendra le service du renseignement militaire de l’état-major général avec l’arrivée du nouveau chef. Il a reçu, à l’évidence, un héritage difficile : le GRU devra être réformé, comme toute l’armée, qui subit actuellement un processus pénible de réduction et de modification de structures de commandement vieilles de plusieurs décennies. Le renseignement militaire n’échappera probablement pas à une réduction des effectifs de ses officiers et aux autres conséquences des réformes.

Quant à l’efficacité de cette réforme du GRU, la majeure partie de la population du pays n’en saura jamais rien.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l’auteur.


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