dimanche 17 décembre 2017

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Sydney : le réacteur nucléaire cible des terroristes

Le Figaro, avec AFP

mardi 15 novembre 2005, sélectionné par Spyworld

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Australie. Selon les forces de l’ordre, l’attentat déjoué la semaine dernière n’avait pas pour cible l’opéra

LES ATTENTATS d’« envergure » que la police australienne a annoncé avoir déjoué la semaine dernière auraient eu comme cible probable l’unique réacteur nucléaire d’Australie, et non l’opéra de Sydney ou la Bourse de Melbourne comme les médias l’ont d’abord laissé entendre. C’est du moins la théorie des forces de l’ordre, exposée dans un rapport publié hier. La police se base notamment sur l’interpellation, en décembre 2004, de trois personnes à proximité du réacteur de Lucas Heights, dans la banlieue de Sydney.

Les autorités ont également indiqué que certains des dix-huit suspects (tous nés en Australie ou naturalisés australiens) arrêtés à Sydney ont suivi « un entraînement au djihad (guerre sainte) », dans des zones rurales de l’est de l’Australie.

165 détonateurs et des ingrédients explosifs

Lors des perquisitions conduites la semaine dernière à Sydney et Melbourne, la police était tombée sur 165 détonateurs ainsi que des substances chimiques permettant de fabriquer des explosifs. Selon la police, tous les suspects sont liés à un groupe extrémiste dirigé par l’imam radical d’origine algérienne, Abdoul Nacer Bendrika, également connu sous le nom d’Abou Bakr.

Abdoul Nacer Bendrika a été arrêté à Melbourne, où il vivait depuis 1989, et inculpé pour avoir dirigé les activités d’une organisation terroriste. Il a été placé en détention jusqu’au 31 janvier. Son passeport avait déjà été confisqué en mars sur le conseil des services de renseignement. « Le djihad fait partie de ma religion et vous devez comprendre que quiconque combat pour le bien de Dieu obtiendra le pardon de ses péchés dès la première goutte de sang versé », avait-il déclaré à une chaîne de télévision.

Son arrestation et celle des autres suspects ont été rendues possibles par un changement express de la législation la semaine dernière. Les nouveaux textes permettent à la police d’intenter une action contre toute personne suspectée d’activités terroristes dès les étapes préparatoires d’attentats et sans attendre de disposer d’éléments concrets.

« Tirer pour tuer »

Le Parlement a par ailleurs été saisi d’autres propositions de loi, qui devraient, d’ici la fin du mois, accorder à la police et aux agences de sécurité le droit de garder en détention des suspects durant deux semaines sans inculpation. Les forces de sécurité pourront en outre être autorisées à « tirer pour tuer » dans certaines circonstances. La tension restait vive hier en Australie. Les transports en commun ont été suspendus deux fois dans la ville de Brisbane après une série d’appels téléphoniques faisant état d’une menace d’attentat contre le réseau, ont annoncé les autorités. L’Australie, qui a dépêché des troupes en Afghanistan et en Irak aux côtés de son allié américain, n’a jamais connu d’attaque majeure sur son sol en temps de paix. Le pays vit toutefois en état d’alerte de moyenne intensité depuis les lendemains des attentats suicide du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center à New York.


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