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Les relations Russie-OTAN traversent une nouvelle période de refroidissement

Jean-Pierre Stroobants, le Monde

samedi 2 mai 2009, sélectionné par Spyworld

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Les rapports entre l’OTAN et Moscou sont électriques. Vendredi 1er mai, l’Alliance a accusé la Russie de "violer clairement" le cessez-le-feu russo-géorgien, au lendemain de la signature de deux accords de défense avec les régions séparatistes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud. Mercredi, c’est Moscou qui qualifiait de "provocation grossière" l’expulsion de deux diplomates de la délégation russe au siège de l’OTAN à Bruxelles.

Les deux Russes sont soupçonnés d’espionnage, en liaison avec l’affaire Herman Simm, 61 ans. Ce haut fonctionnaire estonien aurait, durant plusieurs années, fourni aux services russes des informations confidentielles sur l’OTAN et la sécurité européenne. M. Simm, au coeur de ce qui a été présenté comme l’une des plus vastes affaires d’espionnage à l’OTAN, a été condamné à douze ans de prison par la justice estonienne, en février.

Victor Koutchakov, 63 ans, chef de la section politique de la mission russe, et Vassili Tchijov, 23 ans, fils de l’ambassadeur russe auprès de l’Union européenne (UE), ne semblent pas mêlés directement au dossier Simm. Mais les dirigeants de l’Alliance atlantique affirment qu’il s’agissait d’opposer une "réponse ferme" à la Russie au sujet de l’espion estonien.

"GENS MAL INTENTIONNÉS"

Moscou a vivement réagi, dénonçant "une grossière provocation" basée sur des "critères fantaisistes". Dimitri Rogozine, ambassadeur auprès de l’OTAN, a promis une réponse "sévère et déterminée" de son pays "dans un avenir très proche". Des "gens mal intentionnés" voudraient, selon lui, miner le désir des présidents russe et américain de "remettre à zéro" leurs relations bilatérales et empêcher la venue, à Bruxelles, du ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avant fin mai pour un conseil OTAN-Russie, occasion d’une rencontre avec son homologue américaine, Hillary Clinton. Le président Barack Obama doit, lui, se rendre à Moscou en juillet.

Parallèlement, la Russie continue de dénoncer les manoeuvres militaires que l’OTAN organise en Géorgie du 6 mai au 1er juin. Le maintien de ces exercices "montre que l’esprit de la guerre froide est toujours vivant", a estimé Dimitri Rogozine, accusant les Occidentaux d’encourager la remilitarisation de la Géorgie.

Le porte-parole du secrétaire général de l’OTAN réplique que Moscou "viole" les termes du cessez-le-feu russo-géorgien négocié par l’entremise de l’UE en postant des gardes aux frontières de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. La Russie assure désormais, pour cinq ans, la sécurité des frontières de ces deux territoires séparatistes, dont elle a reconnu l’indépendance après sa guerre contre la Géorgie, en août 2008.

La Russie a décliné l’invitation de participer à ces manoeuvres. Elle "déconseille" aussi à d’autres pays d’y prendre part. La Moldavie et le Kazakhstan, membres du Partenariat pour la paix, le programme mis en place par l’Alliance dans les années 1990, seront absents.

Le dialogue entre l’OTAN et Moscou, rompu le 19 août 2008 en raison du conflit russo-géorgien, avait pourtant repris, mercredi 29 avril, avec une première réunion commune où leur différend sur la question de la réduction des forces conventionnelles avait été évoqué. C’était avant que ne soit connue l’expulsion des deux espions présumés.


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