lundi 23 octobre 2017

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La guerre des drones continue : La France coopère avec Israël

Michael Colaone, Aeroplans.fr

lundi 11 mai 2009, sélectionné par Spyworld

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Nous avions déjà abordé le vaste sujet des drones comme outil de puissance dans un article précédent et le sujet mériterait encore plus d’attention. Véritable outil de la guerre de demain, les drones confèrent des avantages tactiques et humains indéniables aux armées qui savent les utiliser. L’UAV (Unmanned Aerial Vehicle) est en effet de plus en plus visible sur les théâtres d’opérations comme dans la vie civile d’ailleurs, et il se pourrait bien que dans le futur l’avion sans pilote devienne une arme de plus en plus redoutable.

Le leadership américain toujours sans égale.

Le constructeur du fameux drone américain MQ-1 Predator, la firme General Atomics vient en effet de dévoiler une nouvelle version de son appareil, le Predator C Avenger. Une nouvelle version qui pourrait être équipée d’un système de vision infra-rouge dans un futur proche et sur lequel l’accent a été mis sur la furtivité et l’armement embarqué. L’Avenger devient alors une arme très efficace pour l’incursion en zone hostile et ce, sans risquer la vie de qui que ce soit. Constamment en évolution, le matériel des armées d’outre Atlantique réaffirme toujours plus une avance qui devient carrément frustrante pour les observateurs d’autres nationalités. On savait déjà que force de moyens financiers et humains les Etats-Unis ont plusieurs années d’avance comparé à nous mais ils ne cessent d’enfoncer le clou. Global Hawk (Northrop Grumman) et Predator, les deux drones les plus connus de la planète sont désormais présents dans nombre de grands films hollywoodiens. Il faut dire que c’est plus sexy qu’un SDTI, le drone tactique actuellement utilisé par l’armée de terre française... Mais attention, la France aide

depuis longtemps les américains à produire leurs propres drones. Rappelez-vous ce formidable coup de pub en 2005 fait par un groupe islamiste, l’Armée islamique en Irak montrant les débris d’un « drone fabriqué en France ». En réalité il s’agissait d’un drone américain mais propulsé par un équipement français puisque fabriqué par l’entreprise UAV Propellers actuellement leader mondiale dans la fabrication des hélices pour UAV et dont l’ARJ741 dont nous parlions plus avant.

La France pas si en retard que ça.

On a pu croire pendant quelques temps que la France n’avait pas su prendre en compte ces matériels à leur juste valeur mais c’est maintenant chose faite puisque les projets fleurissent, et même de manière assez originale. Pour ne prendre que quelques exemples, la France développe donc un drone en coopération avec Israël. Une coopération qui aura même posée problème au grand allié américain qui a refusé en 2005 de livrer des pièces maitresses pour la conception de l’engin. Baptisé en France SIDM (Système Intérimaire de Drone Moyenne altitude longue endurance), le développement de cet UAV se fait en coopération entre EADS et IAI (Israel Aircraft Industries). L’initiative est donc plutôt originale puisque la France joue la carte du développement en coopération avec un autre état, Israël en l’occurrence. Sous la bénédiction (pas si bienveillante finalement) des Etats-Unis, les deux pays s’y retrouvent bien puisqu’en réalité, les systèmes de transmission « le cœur du cœur », sont fabriqués chez EADS et en font un appareil bien spécifique à l’armée de l’air. Ensuite, l’avion sans pilote et ses capteurs sont purement israéliens. C’est d’ailleurs Israël qui avait permis à la France d’acquérir ses premières expériences sur drone grâce à un contrat signé en 1995 pour la fourniture de drones Hunter.

Pesant 1,2 tonne et d’une envergure de 16,6 mètres l’Eagle One, ou Heron, c’est son nom en Israël, est prévu pour rester en observation quatorze heures à 1 000 kilomètres de sa base. Il est propulsé par un petit moteur à hélice de 115 chevaux. Depuis une altitude de 25 000 pieds (7 500 mètres), ce drone pourra transmettre des images en temps réel, captées par des optiques jour et nuit ou par un radar embarqué. Il est de plus doté d’une capacité de décollage et d’atterrissage de nuit, capacité unique parmi tous les drones, même américains, déployés en Afghanistan. Contrairement à ce que font les américains, l’armée de l’air ne prévoit pas d’armer ses drones de missiles air-sol.

La coopération avec l’Etat hébreu ne fait à priori que commencer puisque depuis 2004 et l’annonce faite par Michèle Alliot-Marie français et les israéliens développent un drone de plus grande envergure, beaucoup plus puissant que ses prédécésseurs : l’EuroMale, terme générique pour la prochaine génération de drones intermédiaires. La France passe clairement à la vitesse supérieure avec ce projet d’UAV aux capacités solides. Il ressemble cependant à une autre plateforme de la société IAI, l’Eagle Two ou Heron TP, qui est aujourd’hui proposé par une alliance Dassault/Thales. En pour cause, les deux pays effectuent un transfert de technologie cruciale pour la France qui cherche comme souvent à obtenir son indépendance vis-à-vis des technologies d’armement. Une volonté que l’on ne peut que saluer mais qui pourrait bien gagner le niveau européen. En effet, le nom d’EuroMale n’a pour l’instant qu’une petite dimension européenne puisque seul deux pays sont engagés dans le projet, l’Espagne via Indra et la France. Mais certains pays comme l’Italie et les Pays-Bas se sont déjà manifestés pour une éventuelle association. Dans tous les cas, l’EuroMale proposé par le consortium EADS sera lui certainement constitué de plus de composants d’origines diverses. Reste à connaitre le dénouement d’un affrontement entre Dassault/Thales d’un côté et EADS de l’autre.


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