samedi 21 octobre 2017

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Succès du lancement du satellite militaire Hélios II-A par Ariane-5

AFP

dimanche 19 décembre 2004, sélectionné par Spyworld

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KOUROU (Guyane) (AFP) - Le dernier succès d’Ariane, qui a réussi samedi une mission militaire délicate, permet à la filière européenne de lancements de satellites, en difficulté, de reprendre son souffle avant l’échéance cruciale de la remise en vol de la nouvelle version "10 tonnes" de la fusée, en février prochain. "C’est une des missions les plus complexes qui ait jamais été lancée", s’est félicité Jean-Yves Le Gall, directeur général d’Arianespace, à l’issue du tir samedi soir.

Une fusée Ariane-5 de type générique est parvenue à mettre sur orbite sept satellites, dont le module espion Hélios II-A, à l’issue d’un vol d’environ une heure au départ du centre spatial de Kourou, en Guyane. "L’orbite était très particulière, on avait à déployer dans un laps de temps très bref sept satellites, ceci se faisait après une phase balistique où on était en dehors de la visibilité des stations", a-t-il expliqué. Or cette mission "s’est déroulée comme à la parade", malgré une tension nettement palpable.

Ce tir, le troisième de l’année pour Ariane, constituait un rendez-vous déterminant pour les activités de lancement spatial européennes, et notamment pour Arianespace, la société en charge de leur commercialisation. En plus d’être un vol à vocation essentiellement militaire, donc particulièrement sensible, il s’agissait du dernier lancement de la fusée avant la remise en vol de sa nouvelle version ECA, dite "10 tonnes", dont le vol inaugural a échoué en décembre 2002.

"L’ECA est quasi-prêt au lancement", a affirmé samedi M. Le Gall, précisant que la nouvelle Ariane, immense jet de pierre et de métal dont la préparation est en cours dans les hangars de Kourou, sera sur le pas de tir le 11 février après une répétition générale le 12 janvier.

L’échec de son premier vol avait marqué un sérieux revers pour l’industrie spatiale européenne tant en terme d’image que de stratégie, dans un marché déprimé et de plus en plus concurrentiel.

Arianespace a en effet placé dans ce nouveau lanceur de grands espoirs pour accroître la rentabilité de ses opérations, globalement à l’équilibre depuis 2003 mais toujours déficitaires à l’échelle de chaque tir, facturé autour de 150 millions d’euros.

"Peut-être perdons-nous quelques millions d’euros mais moi, ce que j’observe, c’est qu’après les pertes qu’Arianespace a faites en 2000, 2001 et 2002, nous avons été de retour à l’équilibre en 2003 et je ne serai pas surpris que nous le soyons de nouveau en 2004", a répliqué samedi M. Le Gall.

"Le système Ariane est un système global qui est un mélange d’aspects de souveraineté et d’aspects commerciaux", a-t-il ajouté.

Pour mettre un terme à ce qu’il qualifie lui-même de période de "convalescence", depuis l’échec de 2002, M. Le Gall met également en avant l’actuelle diversification de la gamme des lanceurs exploités par sa société.

"Nous avons poussé pour le petit lanceur Véga, dont on fera le premier tir en 2007", a-t-il expliqué. "Et puis Soyouz (fusée russe, ndlr), parce que Soyouz aujourd’hui couvre l’essentiel des besoins institutionnels européens".

"Nous sommes en train de construire un pas de tir Soyouz, ici", en Guyane, a-t-il rappelé, dans le cadre d’un programme formellement lancé en février. Le premier tir aura lieu "fin 2007", a-t-il promis.

"Les 3 Ariane-5 lancées cette année, comme les 3 Ariane-5 de l’année dernière, il faut très vite que ça devienne un mauvais souvenir", a-t-il conclu.

Fiche descriptive de Hélios II-A
Fiche descriptive de Hélios II-A

En plus d’être un vol à vocation essentiellement militaire, donc particulièrement sensible, il s’agissait du dernier lancement de la fusée avant la remise en vol de sa nouvelle version ECA, dite "10 tonnes", dont le vol inaugural a échoué en décembre 2002.

Le décollage d’Ariane-5 le 18 décembre 2004 depuis le centre spatial de Kourou, en Guyane française
Le décollage d’Ariane-5 le 18 décembre 2004 depuis le centre spatial de Kourou, en Guyane française

Le dernier succès d’Ariane, qui a réussi samedi une mission militaire délicate, permet à la filière européenne de lancements de satellites, en difficulté, de reprendre son souffle avant l’échéance cruciale de la remise en vol de la nouvelle version "10 tonnes" de la fusée, en février prochain.


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