lundi 18 décembre 2017

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Les drones espions sont toulousains

Ladepeche.fr

mercredi 13 mai 2009, sélectionné par Spyworld

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Sup’Aéro et l’Enac présentent leurs créations à la finale nationale sur les mini-drones.

Imaginez un engin de 7 cm à peine, presque de la taille d’une libellule, capable de se faufiler dans des galeries, dans les couloirs de la station de métro Esquirol ou Trocadéro à à la recherche du paquet suspect, capable aussi de restituer des images grâce à sa caméra embarquée. Bref, un microdrone qui peut aussi aller fureter dans le camp ennemi, contrôler les mouvements d’une manif… Ce projet va bientôt éclore dans le cadre d’un partenariat que les écoles d’ingénieurs ont conclu avec la Direction générale de l’armement.

Toulouse et ses grandes écoles est devenue au fil des années la spécialiste de la micro-aéronautique, de ses mini-avions sans pilotes aux applications multiples que des groupes industriels liés à l’armement ou à la téléphonie savent également exploiter.

Ce mercredi, Sup’Aero et l’Ensica, regroupées au sein de l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace (ISAE), participent, près de Paris, à la finale du challenge de minidrones organisé par la DGA. Le but du jeu ? Montrer très officiellement l’intérêt de ces drones en ville.

La leçon des attentats de Londres

« Les drones ont envahi notre vie. Il a fallu les attentats de Londres pour aboutir à une véritable prise de conscience », explique Jean-Marc Moschetta, professeur d’aérodynamique, coordinateur des projets de recherche sur les drones. « Après ces événements, on a recherché comment s’introduire dans des bâtiments où ni un avion, si petit soit-il, ni un hélico ne peuvent pénétrer. Ainsi a été conçu Vertigo, issu d’un partenariat entre Sup Aéro et la mission Innovation du ministère de la Défense. Un drone qui a amélioré ses performances au fil des mois pour devenir le « Vision’Air, une sorte d’avion qui fonctionne aussi en mode hélico et dont la caméra équipée d’un miroir panoramique peut recueillir des images à 360°. Un observateur dont on a regretté l’absence au lendemain de la catastrophe d’AZF.

Autre engin propulsé cette fois par l’École de l’aviation civile, « Paparazzi », le bien nommé. Un engin à pilotage automatique, sorte de mouchard qui peut se lancer dans des missions de surveillance de trois à quatre heures.

Une expérience baptisée Corsica se déroulera en juin avec traversée de la Méditerranée à la clé. Le mini avion de 1,50 m d’envergure ira se poser sur le terrain du 2e REP très intéressé car ce régiment a développé un système de drone en Afghanistan. L’engin est prévu pour pouvoir se loger dan un sac à dos…


Que sont ces petites machines volantes ?

Les drones sont les purs produits d’une technologie d’abord au service des militaires. De la taille d’un insecte quand il s’agit de nanodrones, ils ressemblent à d’étranges « schmilblics » torsadés qui dissimulent une intelligence embarquée dernier cri. Ces minidrones sont télécommandés à distance, survolent des terrains dans un but de reconnaissance, mais peuvent être armés ou équipés de capteurs par exemple quand il s’agit de détecter des pollutions.

Certains de ces drones peuvent modifier l’itinéraire tracé selon des circonstances imprévues, car leur « cerveau » très autonome leur permet dans certains cas de se diriger eux-mêmes. Leur taille peut varier de plusieurs mètres à quelques centimètres.


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De l’US Army à Israël

Tout a commencé en 2000, quand l’École nationale de l’aviation civile (Enac) a signé un partenariat avec l’armée américaine, visant officiellement à la sécurité civile du territoire américain, et notamment à la surveillance des feux de forêts. Une fonction opérationnelle depuis en France puisque les drones civils ont survolé les plages des Landes pour mesurer les vagues ou détecter les incendies.

D’Israël où ils survolent les territoires palestiniens à Londres où les drones de quelques grammes pourchassent la délinquance, les drones s’installent aussi dans nos vies pour mieux nous épier.

La polémique a surgi il y a deux ans quand il s’est agi de faire surveiller les quartiers sensibles par des drones télécommandés par la police. Des tests avaient été également effectués autour du Stade de France pour la sécurité de la Coupe du monde de rugby. Dans ces cas, le drone remplace judicieusement l’hélicoptère.


Jean-Marc Moschetta Professeur à l’Institut supérieur d’aéronautique et de l’espace (ISAE).

« La guerre se déroulera de plus en plus en ville »

La conception de drones est le passage obligé dans le cursus dispensé au sein de l’ISAE ?

Un système de drone regroupe toutes les technologies de pointe de l’aéronautique, depuis l’intelligence embarquée jusqu’aux défis énergétiques et aérodynamiques en passant par l’imagerie et la dynamique du vol. Parce qu’ils représentent le futur de l’aviation, les drones sont le cadre idéal pour la formation des ingénieurs de l’ISAE. Ainsi, un club dédié aux « microdrones » existe depuis des années et des projets de recherche sont proposés aux étudiants. Enfin, nous avons créé cette année un nouveau cursus autour des drones.

Les drones réalisés ou en projet ont déjà une application concrète dans les domaines civil et militaire ?

Ces applications multiples occuperont l’espace aérien de demain. Dans le domaine militaire, le déploiement rapide d’un mini-drone d’observation à l’échelon d’une section de fantassins est une véritable nécessité, surtout dans des théâtres d’opérations urbains ou difficiles d’accès. Je pense à l’Afghanistan avec ses terrains escarpés propices aux embuscades. Dans le domaine civil, un grand nombre d’opérations de reconnaissance sont envisagées, notamment pour l’accès aux zones sinistrées par la sécurité civile mais aussi pour la surveillance des feux de forêts ou du trafic routier.

Quelles performances attendent vos partenaires du ministère de la Défense ou la DGA ?

Étant donné que la guerre se déroulera de plus en plus en ville, les attentes les plus fortes concernent la capacité d’évolution autonome dans des environnements confinés, c’est-à-dire autour et à l’intérieur des bâtiments. Il s’agit là d’un véritable challenge dans la mesure où la capacité d’intrusion dans les bâtiments nécessite d’excellentes performances en matière de vol stationnaire dans des conditions de vent souvent très perturbées. C’est la raison pour laquelle nous développons des aéronefs de type convertibles, tel que le Vision’Air conçu à l’ISAE, afin de réaliser le meilleur compromis entre de bonnes performances en mode hélicoptère et en mode avion.

Les drones conçus par Sup’Aéro


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