dimanche 17 décembre 2017

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Soutenu par l’Etat, le PDG de Nexter, Luc Vigneron, va piloter Thales

AFP

vendredi 15 mai 2009, sélectionné par Spyworld

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Soutenu par le gouvernement, le PDG du groupe d’armement terrestre public français Nexter, Luc Vigneron, devrait piloter à la place de Denis Ranque le groupe d’électronique de défense Thales qui vient de voir Dassault Aviation s’inviter à son capital.

"La candidature de Luc Vigneron sera proposée pour les fonctions de président directeur général du groupe Thales le 19 mai prochain, à l’issue de l’assemblée générale des actionnaires", a annoncé Matignon dans un communiqué diffusé dans la nuit de jeudi à vendredi.

L’Etat français est le plus grand actionnaire de Thales, avec 27,10%. Il est "confiant dans la capacité de M. Vigneron, qui dispose d’une expérience industrielle reconnue, à poursuivre le développement du groupe Thales, dans le cadre d’une gouvernance renouvelée", ajoute Matignon dans son communiqué.

M. Vigneron, 54 ans, prend la succession de Denis Ranque, 57 ans, à la tête de Thales depuis 11 ans et poussé vers la sortie un an avant la fin de son mandat.

Le bilan de M. Ranque, qui a su mener à bien l’internationalisation de ce groupe, n’est pas remis en cause.

"C’est jusqu’à ce jour un très bon président", mais "avec l’arrivée de Dassault, on ouvre une nouvelle ère", a indiqué à l’AFP une source gouvernementale proche du dossier.

"C’est un changement qui se fait dans la continuité sans inflexion sur la stratégie du groupe", a précisé une autre source gouvernementale.

En décembre dernier, le français Dassault Aviation, fabricant de l’avion de combat Rafale, avait annoncé qu’il allait prendre les 20,8% de l’équipementier en télécoms franco-américain Alcatel-Lucent dans Thales. L’opération doit être finalisée d’ici fin juin.

Elle propulse Dassault Aviation au rang de second actionnaire de Thales derrière l’Etat, avec près 26% du capital —Dassault Aviation compte racheter, en plus, 5% de Thales détenus par le holding Groupe industriel Marcel Dassault—.

La succession de Denis Ranque, tardivement rallié à l’arrivée de Dassault dans le capital de son groupe, alimentait de nombreuses spéculations dans la presse ces dernières semaines.

A l’origine, Dassault Aviation voulait placer François Quentin, directeur général de la division aéronautique de Thales, débarqué en janvier. Mais ce candidat n’a pas été retenu par l’Etat.

Selon Les Echos et la Tribune parus vendredi, M. Vigneron ne bénéficiait pas des faveurs du Comité de sélection des administrateurs et des rémunérations (CSAR), une structure interne de Thales travaillant à la succession de M. Ranque.

Ses membres, qui ont auditionné des candidats internes en parallèle sans se prononcer pour l’un d’entre eux, auraient exprimé des réserves sur le PDG de Nexter (ex GIAT). Mais l’Etat serait passé outre.

L’arrivée sous l’oeil bienveillant du gouvernement français de Dassault Aviation dans Thales, longtemps convoité par le groupe européen de défense et d’aéronautique EADS, devrait permettre de créer un pôle français de dimension mondiale dans le domaine des technologies stratégiques, de l’aéronautique et de l’espace, de la défense et de la sécurité.

Cette opération favorisera l’intégration verticale autour du Rafale —bourré d’électronique venant de Thales— et permettra à Dassault de bénéficier de l’internationalisation très poussée du groupe, notent les observateurs.


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