dimanche 17 décembre 2017

Accueil du site > Défense > France > L’Etat et Dassault tournent la page chez Thales

L’Etat et Dassault tournent la page chez Thales

A. R., Les Echos

lundi 18 mai 2009, sélectionné par Spyworld

logo

L’Etat, après avoir arraché l’accord de Dassault, va imposer Luc Vigneron, le PDG de Nexter, à la tête du groupe d’électronique de défense. Une partie du conseil d’administration sera renouvelée demain à l’assemblée générale.

Ambiance de fin de règne chez Thales. Onze ans après avoir été nommé, à la surprise générale, à la présidence de Thales, Denis Ranque va devoir laisser la place à Luc Vigneron, son alter ego de Nexter, lui aussi candidat surprise sorti du chapeau récemment. Ainsi en ont décidé les grands actionnaires après plusieurs semaines d’un imbroglio politico-industriel à la française, dont la gouvernance ne sort pas grandie. « L’Etat, en accord avec Alcatel-Lucent et Dasssault Aviation (...), confirme et soutient la candidature de Luc Vigneron à la présidence du groupe Thales », a confirmé Matignon. La passation de pouvoir interviendra demain, à l’issue de l’assemblée générale. Une cohabitation intéressante

Une page se tourne donc pour le groupe d’électronique de défense, devenu au fil des ans l’un des leaders mondiaux de son secteur, et qui marque la défaite définitive de Denis Ranque qui n’a eu de cesse de défendre la voie de l’indépendance vis-à-vis de tout actionnaire privé de référence. Pour le patron du groupe de l’ex-Giat Industries, c’est la consécration, malgré les réserves émises sur son CV par le comité de sélection (« Les Echos » de vendredi). La cohabitation avec certains des barons de Thales en place qui auraient pu prétendre au titre, s’annonce donc intéressante à suivre. Quoi qu’il en soit, sa nomination va mettre fin à une situation très pesante au sein de l’entreprise. « L’Etat a sifflé la fin de la partie », commente-t-on de source proche du dossier.

De son côté, Dassault, qui va remplacer Alcatel-Lucent dans le capital de Thales, n’a pas tout perdu. Faute d’avoir pu imposer François Quentin, ex-responsable de la division aéronautique du groupe d’électronique, l’avionneur lui a obtenu la place de numéro deux, avec un portefeuille de responsabilités très large : la stratégie, les opérations industrielles et une partie de l’international. Un poste qui n’existe pas actuellement puisque Denis Ranque s’appuie sur un comité exécutif de plusieurs membres. Dassault gagne ainsi la certitude de disposer d’un homme de confiance au sommet de l’entreprise. Ira-t-il jusqu’à le faire nommer administrateur ?

Les changements de l’organigramme de tête chez Thales vont aussi se doubler d’une purge du conseil d’administration, pour mieux marquer le changement d’époque. Il se murmure ainsi que François Bujon de l’Estang et Marcel Roulet, tous deux représentants du secteur public, devraient perdre leur mandat mardi. De même que Robert Brunck et Charles de Croisset, administrateurs indépendants. Reste à connaître leurs remplaçants. De même que l’identité des quatre représentants de Dassault, appelés à remplacer ceux d’Alcatel-Lucent. Les noms de Charles Edelstenne, le patron de Dassault, et d’Eric Trappier, responsable de l’international, sont avancés.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :