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Islamabad veut son UCAV

TTU.fr

mercredi 20 mai 2009, sélectionné par Spyworld

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Face aux refus répétés de Washington de lui fournir des drones RQ-1 Predator, Islamabad semble décidé à trouver une solution pour développer son propre système d’UCAV (Unmanned Aerial Combat Vehicle), en s’appuyant notamment sur l’assistance de Pékin et d’Ankara.

Depuis quelques semaines, plusieurs informations font état des essais d’un drone de conception nationale, baptisé Buraq, doté d’une capacité de désignation et d’engagement. Pour certains observateurs, le Buraq est un système dérivé du drone Uqaab du pakistanais Integrated Dynamics (similaire au RQ-7B Shadow), ayant bénéficié d’une assistance chinoise pour l’intégration d’armements.

Selon d’autres sources, le Buraq serait une adaptation du Falco XN (extra NATO) de Selex Galileo. Cette dernière hypothèse apparaît, cependant, sujette à caution, d’une part, en raison de l’avancement du programme Falco, qui en est à ses débuts au sein de la PAF (Pakistan Air Force) et, d’autre part, en raison des caractéristiques techniques du drone.

A la fin avril, un communiqué de la PAF annonçait la réception d’un premier drone de fabrication nationale, qui est en fait le premier Falco XN assemblé localement. Il porte à cinq le nombre de drones opérationnels, sur 25 engins commandés, au sein de la PAF. S’ils peuvent assurer des missions de désignation de cible, les Falco XN ne disposent, dans la version actuelle, que d’une capacité d’emport très limitée pour la mise en œuvre de munitions air-sol (2 x 35 kg). De fait, selon une source industrielle, il semble difficile que les ingénieurs pakistanais aient achevé si rapidement, même avec une assistance chinoise, la transformation du Falco en UCAV.

Cependant, les responsables pakistanais affichent déjà leur intérêt pour la version améliorée du Falco, baptisée Falco Evo (Evolution), caractérisée par une longueur et une envergure accrue permettant l’emport d’une charge utile de 120 kg. Une capacité qui permettra à cet engin la mise en œuvre, à partir de deux points d’emport, de munitions telles que le Javelin de Lockheed Martin/Raytheon ou le LMM de Thales. Les premiers essais en vol du Falco Evo étant prévus pour 2010, Islamabad, qui souhaite disposer d’une alternative à cette option, tente actuellement de renforcer les coopérations nouées avec Ankara et Pékin.

Les responsables de la PAF ont récemment fait part de leur intérêt pour l’acquisition de plusieurs drones chinois CH3 développés par China Aerospace Science and Technology Corporation (CASC), capables d’emporter deux roquettes AR-1 à guidage laser et dont le développement apparaît plus avancé que le Falco Evo.

D’autres part, Islamabad cherche à élargir la coopération établie avec les industriels turcs et notamment Tusas (TAI), déjà associé à Pakistan Air Weapons Complex (AWC) pour le développement d’un drone de type MALE. Une coopération étendue qui viserait à l’intégration sur une plate-forme — qui reste à définir — de systèmes d’armes, telles que les roquettes UMTAS, d’une portée de 8 km, développées par Roktesan.

Le programme de roquettes de 70 mm (2,75 pouces) à guidage laser Cirit/Jereed, également développé par Roketsan, suscite lui aussi l’intérêt des responsables pakistanais, qui jugent le système adapté à une intégration sur des drones de conception locale, dont les capacités d’emport restent limitées.

A noter que, pour appuyer les partenariats sur ses futurs programmes d’UCAV, outre les centres de recherche placés sous la tutelle de la Commission nationale en sciences et ingénierie (NESCOM), Islamabad peut s’appuyer sur plusieurs groupes privés nationaux, tels que ACES, Integrated Dynamics, East-West Infinity, Satuma et Global Industrial Defense Solutions, qui disposent d’ores et déjà d’un certain savoir-faire en matière d’UAV.


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