mercredi 18 octobre 2017

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Un transfuge du cabinet Dati rejoint le coordonnateur du renseignement

Jean Guisnel, Le Point.fr

dimanche 24 mai 2009, sélectionné par Spyworld

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Coordonnateur du renseignement à l’Élysée, l’ambassadeur Bernard Bajolet devrait voir prochainement son équipe renforcée par l’arrivée d’un administrateur civil hors classe de 44 ans, Jérôme Poirot. Actuellement conseiller pour les affaires budgétaires de la garde des Sceaux Rachida Dati, son cursus est parfait : énarque (promotion Averroès, 2000), il a été en 2004 conseiller technique aux cabinets de Nicolas Sarkozy, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, et de Dominique Bussereau, secrétaire d’État au Budget.

Depuis le départ de Nacer Meddah, nommé le 11 décembre dernier préfet de Seine-Saint-Denis, l’équipe de Bernard Bajolet ne comptait plus de spécialiste du budget, alors même que ces questions sont devenues centrales pour le coordonnateur, qui a notamment pour fonction de préparer les plans d’investissements techniques massifs prévus pour tous les services de renseignement français. Le gestion de ces affaires budgétaires se fait au détriment des affaires opérationnelles, qu’aucun acteur de la chaîne de renseignement ne traite avec Bernard Bajolet. Les récentes affaires de terrorisme maritime n’ont pas été abordées avec lui, le conflit sur ce point ayant été assez clair - selon nos informations - avec l’état-major particulier et la cellule diplomatique.

Mais tout n’est pas si négatif pour le coordonnateur, puisqu’il va encore récupérer dans son escarcelle une prérogative jusque-là dévolue au SGDN (Secrétariat général de la défense nationale), à savoir le poste de haut responsable chargé de l’intelligence économique. Titulaire depuis sa création, en 2003, Alain Juillet a récemment quitté ses fonctions . Son successeur, un haut fonctionnaire du ministère des Finances, rejoindra prochainement l’équipe de Bernard Bajolet. Quels seront ses moyens ? Saura-t-il devenir l’interlocuteur des grands patrons et des sans-grade qu’Alain Juillet recevait du matin au soir, week-ends compris ? C’est à tout le moins un beau pari à relever.

L’organisation des services du coordonnateur du renseignement a beau se faire, pour l’instant, en retirant des prérogatives au SGDN dépendant du Premier ministre, son organisation définitive n’est toujours pas mise en place. Un jeune auditeur au conseil d’État, Florian Blazy, s’est vu confier une mission d’information sur le sujet et doit rendre incessamment son rapport à Bernard Bajolet. La perspective de la création d’une "académie du renseignement", où les professionnels des services se formeraient et réfléchiraient ensemble, se précise.

Mais la part d’initiative est faible : le chef de l’État surveille d’un oeil de lynx l’organisation des services. Lors de la première réunion du Conseil national du renseignement, tenue en sa présence voici deux semaines à l’Élysée, Nicolas Sarkozy s’est félicité du rapprochement opérationnel en cours entre la DGSE et la DCRI. Il a demandé qu’un même mouvement soit conduit "à vitesse supersonique" entre la DGSE et la DRM (Direction du renseignement militaire), cette dernière dépendant du chef d’état-major des armées . Objectif : que les services de renseignement soient, selon un expert, "meilleurs, aussi bien sur le sol national que pour la défense des intérêts français à l’étranger". Et plus vite que ça !


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