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La journaliste Roxana Saberi décrit ses 100 jours de calvaire en Iran

AFP

vendredi 29 mai 2009, sélectionné par Spyworld

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La journaliste irano-américaine Roxana Saberi a décrit jeudi à la radio ses 100 jours de calvaire passés dans la prison d’Evine, près de Téhéran, lors de sa première interview depuis sa libération au début du mois.

"Je subissais une pression physique et psychologique intense, même si je n’ai pas été physiquement torturée", a dit la journaliste de 32 ans à la radio publique américaine NPR.

"Aujourd’hui encore, je ne sais toujours pas pourquoi ils m’ont arrêtée, ce n’est pas pour avoir acheté de l’alcool, ce n’est pas pour avoir fait du reportage sans accréditation", a dit la journaliste.

Roxana Saberi, qui avait été interpellée le 31 janvier, a été libérée de la prison d’Evine à Téhéran le 11 mai après qu’un tribunal eut réduit sa condamnation pour espionnage à deux ans avec sursis. Elle est arrivée vendredi aux Etats-Unis, après avoir passé une semaine en Autriche avec ses parents et son frère.

La journaliste raconte comment elle a été arrêtée en janvier par "quatre hommes du ministère du renseignement" qui ont confisqué ses ordinateurs et des documents lui appartenant, avant de l’emmener en prison.

"Lorsque j’ai réalisé que personne ne savait où j’étais, j’ai eu très peur", a dit Roxana Saberi, qui n’a été autorisée à appeler son père que 11 jours après son arrestation.

"Les premiers jours, j’ai été interrogée pendant des heures, du matin au soir, les yeux bandés, face au mur", a-t-elle dit en précisant qu’elle avait été menacée de "passer 10 à 20 ans en prison ou plus, ou même d’être exécutée".

"Puis, j’ai été placée en confinement solitaire pendant plusieurs jours", a a ajouté Roxana Saberi.

De nationalité américaine, née et élevée aux Etats-Unis, elle a aussi la citoyenneté iranienne par son père. Elle collaborait depuis 2003 à plusieurs médias étrangers depuis Téhéran jusqu’au retrait de sa carte de presse en 2006.

La prison d’Evine dans la banlieue de Téhéran où sont détenus de nombreux prisonniers politiques, s’est fait tristement connaître en Occident en 2003 après la mort d’une journaliste irano-canadienne sévèrement battue après avoir pris des photos d’une manifestation à l’extérieure de la prison.

Roxana Saberi a indiqué qu’elle avait été conduite à Evine car elle a refusé de "faire une fausse déclaration" en s’accusant d’espionnage.

"Et puis je me suis dit, bon, si quelque chose m’arrive, ma famille ne sait pas où je suis, peut-être qu’ils ne le sauront jamais. Donc j’ai fait cette fausse déclaration et j’ai dit : +oui, je suis une espionne américaine+", a-t-elle expliqué.

Après plusieurs semaines à l’isolement, elle a été mise dans une cellule avec "d’autres prisonnières politiques", a-t-elle déclaré, avant de qualifier ses codétenues de "femmes les plus admirables (qu’elle ait) rencontrées".

Interrogée sur un éventuel retour en Iran, elle a répondu qu’en six ans dans ce pays, elle avait "appris à aimer le pays". "La plupart des gens ont été hospitaliers envers moi, gentils et généreux", a indiqué la journaliste avant d’affirmer : "j’espère y retourner un jour".


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