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Eurodéfense : pour une relance d’une Europe de la défense

Conseil Économique de la Défense

vendredi 29 mai 2009, sélectionné par Spyworld

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"Eurodéfense, pour une relance d’une Europe de la défense" par Philippe Esper, Christian de Boissieu, Bernard Bigot, Michel Scheller, Yves-Thibault de Silguy, Edition Unicomm, en librairie le 3 juin 2009.

Les animateurs du Conseil économique de la Défense et les auteurs d’Eurodéfense présentent analyses et propositions, visant à montrer qu’au-delà des vicissitudes des négociations et des traités ou du laisser aller au fil de l’eau, les économies et les civilisations européennes ne pourront prétendre jouer leur rôle mondial au cours du XXIe siècle que si elles sont capables de construire ensemble leur sécurité et leur défense.

Il appartient à la France d’engager, au sein d’un groupe de pays « qui le veulent et qui le peuvent », une réflexion constructive sur un projet de sécurité et de défense, en s’inspirant de l’exemple de l’euro dans le domaine de la monnaie ».

En cette année 2009, vu l’intensité de la crise économique et sociale, on peut certes se demander si sécurité et défense sont et méritent d’être au premier rang des préoccupations des gouvernements des pays de l’Union européenne et de leurs peuples et opinions publiques. Trois raisons ont cependant conduits les auteurs à proposer une réponse positive, en forme d’analyses et de réflexions, aux lecteurs d’Eurodéfense.

Dans un monde qui est confronté à une crise durable de crise économique et sociale, et pour des peuples européens qui vont devoir lutter pour maintenir l’organisation et l’activité de leurs économies et de leurs modèles de sociétés, est-il raisonnable ou acceptable de « baisser la garde » sur l’impératif et l’assurance de défense et de sécurité ? Au moment où se développent des risques sur l’emploi des actifs, sur la préparation des jeunes à un avenir serein et sur le bien-être des retraités, peut-on négliger les menaces du terrorisme, la défense de nos intérêts nationaux et internationaux, la sécurité d’approvisionnement, de production et de distribution de l’énergie, la protection de l’environnement et de l’accès à l’eau et aux matières premières, la participation à un apaisement des tensions ou des conflits dans le monde et la lutte contre la prolifération nucléaire et balistique ?

La moyenne des efforts de défense des pays de l’Union européenne est de l’ordre de 1,2 % de leur produit intérieur brut. Un objectif raisonnable mais aujourd’hui hors d’atteinte serait un chiffre de l’ordre de 2 %. A un tel niveau, il y aurait beaucoup de « grain à moudre » pour bâtir et renforcer une défense et une sécurité européennes efficaces. Les pourcentages mentionnés sont faibles par rapport aux dérives qui viennent d’être enregistrées dans les déficits publics des pays européens, qui sont passés de 3 à 5 %, voire 10 %, des produits intérieurs bruts. En outre et surtout, et cet argument est avancé par Romano Prodi dans la préface puis repris dans chacun des chapitres d’Eurodéfense, la période de crise est une occasion de repenser l’efficacité de nos dépenses de défense. Plutôt que des coupes malvenues et dangereuses dans les budgets de défense et de sécurité, la crise peut et doit inviter les dirigeants européens à renforcer et rationaliser leurs efforts et leurs outils de défense.

La troisième raison concerne nos positions internationales en matière de technologie et d’exportation. Les industries de défense et de sécurité ne sont pas dissociables des industries d’aéronautique civile, d’espace et d’électronique. Elles s’appuient sur des technologies où les pays européens maintiennent peu ou prou leur rang derrière les dominantes industries américaines et devant les vivantes industries des puissances relatives (Russie, Chine, Inde, Brésil, Japon, Israël…). Maintenir et même renforcer nos efforts de défense et de sécurité conduirait à soutenir des industries représentant un avenir accessible pour nos technologies et employant des chercheurs, ingénieurs, techniciens et ouvriers « moins délocalisables » que ceux d’autres secteurs industriels.

Ainsi a-t-il paru souhaitable, pertinent et urgent de reprendre et développer le plaidoyer en faveur d’une Eurodéfense, Europe de la défense et de la sécurité à imaginer et construire autour de quelques pays européens qui le veulent et qui le peuvent.

Réflexions et analyses ont été organisées autour de quatre chapitres.

L’état des lieux fait apparaître que l’évolution des trente dernières années « au fil de l’eau » conduit, dans un environnement où les menaces ne régressent pas mais se diversifient et se globalisent, à laisser distancer l’Europe par les Etats-Unis d’Amérique et à la faire rattraper puis dépasser par les puissances relatives en particulier Chine, Inde, Brésil et Russie.

Les enjeux d’une relance d’une Europe de la défense suggèrent comment elle peut aspirer au rôle d’acteur crédible, présent pour participer aux grandes décisions stratégiques et pour la défense de nos modèles démocratiques de civilisations dans le monde des vingt prochaines années. Plutôt que d’être les « adjoints » des Etats-Unis d’Amérique dans la continuité du monde bipolaire de la deuxième moitié du XXème siècle, l’Europe, sous l’impulsion de quelques pays qui le veulent et qui le peuvent, pourrait et doit devenir un interlocuteur de même niveau qualitatif que les puissances du monde qui est en train de se construire au lendemain de la crise internationale actuelle.

Les composantes d’une Eurodéfense s’appuient en premier sur la condition sine qua non d’une volonté politique, indispensable à la mise en place d’une Europe de la défense. Au-delà du préalable politique, le troisième chapitre est consacré à la présentation des conditions et composantes idéales d’une Europe de la défense, à savoir une solide base industrielle et technologique, des budgets à la hauteur, un recours aux formules efficaces et modernes de services, l’acceptation d’un état-major européen, la mutualisation des capacités et la définition et la mise en place d’une gouvernance adaptée.

Passant de l’idéal à la réalité d’aujourd’hui et à la diversité des mentalités et des positions européennes, les auteurs de l’ouvrage esquissent le cheminement selon lequel pourrait être engagé le processus d’Eurodéfense. Sont ainsi abordés dans le quatrième chapitre la façon dont pourrait être constitué un « groupe de progrès » pour une avancée institutionnelle, la présentation des dialogues européens possibles en fonction des situations politiques et des calendriers électoraux, le menu des consultations avec les pays dont on peut penser qu’ils voudraient et pourraient aller dans le sens d’une Europe de la défense, la communication avec les instances existantes de l’Union européenne et enfin - last but not least - la sensibilisation des opinions publiques.

Ce livre réunit cinq auteurs de stature internationale.

Philippe ESPER, Président du Conseil économique de la défense depuis 2003. Président-directeur général d’Eurotradia international depuis 1993.

Polytechnicien, Supaéro, Poudres, Sciences-Po, Ingénieur général de l’armement, Philippe Esper a travaillé dans l’administration de 1967 à 1981, conseiller du ministre de la défense (Michel Debré), délégué à l’action extérieure du ministre de l’industrie (André Giraud) et délégué interministériel pour l’audiovisuel auprès du Premier ministre (Raymond Barre), puis dans l’industrie de 1981 à 1985, directeur de division dans le groupe Renault, et depuis dans le conseil international chez Eurotradia international. Il est fondateur et animateur du Cercle de l’Orchestre national de France depuis 1980.

Christian de BOISSIEU, Président du Conseil d’analyse économique depuis 2003.

Docteur d’Etat et agrégé en sciences économiques, professeur à l’Université Paris I (Panthéon Sorbonne) et conseiller économique de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, Christian de Boissieu est expert auprès de la commission économique et monétaire du Parlement européen, consultant de la Banque mondiale et de la Commission européenne. Il est vice-président du Cercle des Economistes.

Bernard BIGOT, Haut commissaire à l’énergie atomique de 2003 à 2009 et administrateur général du Cea depuis janvier 2009.

Normalien, agrégé de sciences physiques et docteur ès sciences (chimie-physique), Ihedn, Bernard Bigot a mené une carrière d’enseignant universitaire (Polytechnique, Ecole normale supérieure de Saint Cloud, puis de Lyon) et de chercheur (au Cnrs et à l’Ens Lyon en tant que responsable d’une équipe de chimie théorique, puis comme directeur de l’Institut de recherches sur la catalyse) avant d’être directeur général de la recherche et de la technologie (ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche), directeur du cabinet du ministre de la recherche (Claudie Haigneré) et parallèlement directeur adjoint du cabinet du ministre de l’éducation nationale et de la recherche (Luc Ferry). Il est professeur à l’école normale supérieure de Lyon qu’il a dirigé de 2000 à 2003.

Michel SCHELLER, Président de l’Association aéronautique et astronautique de France.

Polytechnicien, Supaéro, Chear, Executive Mba-Hec, l’ingénieur général de l’armement Michel Scheller a notamment été conseiller de deux ministres de la défense (Conseiller de André Giraud, Conseiller spécial de François Léotard), directeur général de l’aviation civile (1993-1995) puis président directeur général de l’Onera (Office national d’études et de recherches aérospatiales) de 1995 à 1999. Michel Scheller exerce également des fonctions de conseiller auprès du Président directeur général du groupe Ineo/Gdf Suez.

Yves-Thibault DE SILGUY, Président de Vinci.

Ena, ministre plénipotentiaire, Yves-Thibault de Silguy a appartenu au cabinet de F.X. Ortoli, vice-président de la commission économique européenne et commissaire chargé des questions économiques et monétaires, puis à celui de Jacques Chirac (Premier Ministre) comme conseiller pour les affaires européennes et économiques internationales. Il dirige ensuite les affaires internationales d’Usinor-Sacilor (1988-1993) puis il revient à Matignon au cabinet d’Edouard Balladur (conseiller pour les affaires européennes). Il a été commissaire européen, en charge des affaires économiques, financières et monétaires de 1995 à 1999. A ce titre, il a eu notamment pour tache la préparation du lancement de l’euro. En 2000, il devient membre du directoire puis délégué général chargé des affaires internationales, des relations institutionnelles et des affaires européennes du groupe Suez. Il est président de Vinci depuis juin 2006.

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