dimanche 22 octobre 2017

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nEUROn et l’illustration de la coopétition européenne

Michael Colaone, Aeroplans.fr

vendredi 29 mai 2009, sélectionné par Spyworld

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Si les Européens ont été incapables de se mettre d’accords pour la production d’un avion de chasse commun et ont au contraire construit leur propre concurrence, en matière de drones les choses sont un peu différentes. Il existe bien-sûr des nations qui développent leurs propres systèmes mais on peut observer des projets au sein desquels les Européens mettent en commun leurs compétences et savoir faire dans un esprit de collaboration jusque là assez peu observé. Le projet nEUROn est de ceux-là, puisque réunissant la France, la Suède, l’Italie, l’Espagne, la Grèce et la Suisse pour un UAV du futur.

Si les Américains ont compris depuis longtemps que la bonne réalisation de tels projets passe par la coopération entre les entreprises du secteur, ce n’est pas le cas pour les Européens.

Nombre de projets auraient pu être plus rentables, plus compétitifs, en bref plus fructueux si les entreprises européennes avaient adopté cette nouvelle pratique qu’est la compétition. Bien connue de l’autre côté de l’Atlantique, les Américains favorisent les projets réalisés par plusieurs entreprises (pourtant rivales en temps normal) mais qui, le temps de cette association, produiront le produit idéal pour répondre aux besoins de la Défense, ou de tout autre marché. De cette manière, les projets finaux bénéficient de plus de moyens et de plus de compétences qui s’ils avaient été réalisés par une seule et même entreprise.

En Europe, la coopétition est assez visible sur le marché des drones. Nous avions déjà parlé du développement de l’EuroMale, terme générique pour la prochaine génération de drones intermédiaires. Ces avions sans pilotes seront en effet produits par la France, et au moins l’Italie et les Pays-Bas. Si le projet pourrait à première vue sembler être un concurrent du nEUROn, il n’en est rien puisque l’EuroMale sera principalement un drone d’observation.

De son côté, le projet porté par Dassault Aviation, Thales, Saab, EADS-CASA, RUAG, ALENIA et HAI porte beaucoup d’intérêt aux missions air-sol, à la furtivité et au tir d’armement. Beaucoup de nouveautés en Europe pour un projet ambitieux. nEUROn pourrait alors devenir le premier drone à réaction européen pleinement opérationnel. Un marché pourtant largement dominé par les Américains, et qui pourrait laisser de belles opportunités à cet UCAV doté des meilleures technologies du Vieux Continent.

Le maître d’œuvre Dassault Aviation annonce que le premier vol du drone pourrait avoir lieu en 2012. Pour l’instant la réalisation est principalement dans les mains des Suédois. Outre la fabrication de pièces confiée à divers sous-traitants, l’assemblage de ces dernières aura lieu chez Saab, à Linköping. L’équipe de Saab Aerostructures se dit satisfaite de l’avancée de travail. Le planning est à jour et ils seront en possession de tous les composants pour l’été 2009. Cela leur permettra de commencer l’assemblage de la coque, prévu pour l’automne 2009.

Plus que la mise en commun de compétences technologiques et industrielles au niveau européen, le nEUROn représente le désir de l’Europe d’obtenir une complète autonomie sur des technologies qui seront surement au centre des conflits de demain. Des appareils qui migrent de plus en plus dans le monde civil avec des débouchés de plus en plus importants. On ne peut donc que saluer la manière dont est construit ce futur bijoux, gage de suprématie aérienne pour l’Europe.


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