lundi 11 décembre 2017

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L’intelligence économique en Afrique : enjeux et perspectives : Thème d’un colloque à Dakar en février prochain

Latifa Cherkaoui, le Matin

mardi 22 novembre 2005, sélectionné par Spyworld

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La pratique de l’intelligence économique connaît un développement croissant ces dernières années. L’Afrique n’a pourtant pas suivi ce développement. L’on pourrait même dire que certains Etats ignorent jusqu’à l’existence même cette discipline, combien essentielle dans le développement de la compétitivité des Nations et la performance des entreprises. Pour combler cette lacune, se tiendra donc à Dakar du 15 au 18 février prochain le premier Colloque africain de l’intelligence économique (CAFIE) avec pour thème : les enjeux et perspectives.

Pour André Joyal, membre du comité scientifique, l’objectif de cette rencontre est celui de faire connaître ce qu’est l’intelligence économique, faire ressortir des enjeux liés à l’intelligence économique en Afrique, faire dialoguer les acteurs, publics ou privés, qui auraient développé des actions d’intelligence économique en Afrique ou hors d’Afrique, et de les faire témoigner sur les acquis et les perspectives qu’ils auraient tracés tout en ressortant tout ce qui peut conduire à la dérive. L’on retient que le 3 décembre prochain est la date de la fin de réception des propositions de communication.

A l’occasion, l’on tient à rappeler que le sujet a déjà été abordé à Tétouan en novembre 2004.

En tout état de cause, lorsque l’on aborde la question de l’intelligence économique, le premier sentiment que l’on éprouve, c’est que l’on en parle peu.

Et pourtant, si l’on pouvait actionner une cellule en la matière, beaucoup de choses pourraient changer. Certes, l’intelligence économique est un concept trop abstrait, ambigu puisqu’il recouvre des réalités très dissemblables : la protection et la sécurité de l’information et des systèmes de production, la recherche et la diffusion du renseignement, la réflexion prospective. Dixit Jean-Louis Debré, président de l’Assemblée nationale française.

L’expression intelligence économique doit s’entendre au sens anglo-saxon actuel d’intelligence : renseignement, voire espionnage. Plus précisément, il s’agit de mettre en place un système de surveillance de ses rivaux afin d’en tirer des avantages concurrentiels.

Ainsi, aujourd’hui et de par le monde, l’intelligence économique s’impose comme un outil essentiel dans le cadre d’économies ouvertes, mondialisées et, désormais, profondément transformées par les technologies de l’information et de la communication. Sous une formulation sophistiquée, elle exprime une réalité de bon sens économique : pour innover, produire, commercer, les entreprises ont de plus en plus besoin d’une information viable, complète et exploitable.

Plus techniquement, la science économique enseigne que l’asymétrie d’informations, (c’est-à-dire les situations où certains en savent plus que d’autres sur leur environnement) impose la conduite de comportements stratégiques.

L’accélération des échanges, l’abondance et la diversité des informations nécessaires pour commercer, la complexité croissante des données et des phénomènes à comprendre, ont renforcé ce théorème.

L’administration marocaine, qui évolue et se modernise, devrait donner l’exemple en Afrique tel qu’elle l’a fait dans d’autres activités. Il faut bien souligner que le travail en réseau est l’un des éléments essentiels de la réforme de l’Etat. D’une manière générale, toutes les nations libérales font de l’intelligence économique une politique publique et qui dit politique publique, dit politique nationale. Son absence dans toute stratégie s’explique par l’existence d’une place marginale des services de renseignements et l’inexistence d’une sphère où convergent des idées émanant tant du public que du privé.

L’intelligence économique consiste tout simplement à fournir la bonne information, au bon moment, à la bonne personne pour lui permettre de prendre la bonne décision, de bien agir et idéalement de faire évoluer son environnement dans un sens propice. Enfin, le premier colloque africain d’intelligence économique s’adresse tant aux managers de multinationales qu’aux hauts fonctionnaires de l’Etat. Et sans aucun doute, cette rencontre africaine marquera le départ d’un véritable processus collectif à la hauteur des enjeux économiques, scientifiques et commerciaux auxquels tous les pays de l’Afrique sont confrontés.

économique s’adresse tant aux managers de multinationales qu’aux hauts fonctionnaires de l’Etat. Et sans aucun doute, cette rencontre africaine marquera le départ d’un véritable processus collectif à la hauteur des enjeux économiques, scientifiques et commerciaux auxquels tous les pays de l’Afrique sont confrontés.


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