lundi 18 décembre 2017

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La Corée du Nord condamne deux journalistes américaines à de lourdes peines de prison

Le Monde, avec AFP et Reuters

lundi 8 juin 2009, sélectionné par Spyworld

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L’Américano-Coréenne Euna Lee et la Sino-Américaine Laura Ling, deux journalistes de la chaîne de télévision Current TV détenues en Corée du Nord pour être entrées "illégalement" dans le pays, ont été condamnées à douze ans de "rééducation par le travail", annonce, lundi 8 juin, la presse officielle.

"Le procès a confirmé le grave crime qu’elles ont commis à l’égard de la nation coréenne en traversant illégalement la frontière", indique l’agence de presse officielle du régime KCNA, reçue à Séoul.

Euna Lee et Laura Ling ont été arrêtées le 17 mars pour avoir, selon Pyongyang, commis des "actes hostiles" et avoir pénétré illégalement sur le territoire nord-coréen. La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, avait appelé vendredi Pyongyang à libérer les deux journalistes et "à leur permettre de rentrer à la maison dès que possible".

Dans les années 1990, Washington avait obtenu la libération de deux de ses ressortissants arrêtés par Pyongyang : un jeune homme soupçonné d’espionnage et un pilote d’hélicoptère militaire abattu après avoir pénétré l’espace aérien nord-coréen.

Les journalistes souhaitant se rendre en Corée du Nord, l’un des pays les plus fermés au monde, doivent être munis d’un visa spécifique, très rarement accordé, et sont étroitement surveillés lors de leur séjour. Selon des experts, le régime nord-coréen devrait utiliser les deux journalistes comme monnaie d’échange pour faire pression sur Washington et pousser la nouvelle administration à des discussions directes. Ces condamnations très sévères interviennent en effet dans un contexte de vives tensions internationales depuis le deuxième essai atomique nord-coréen.

La Corée du Nord a procédé le 25 mai à un nouvel essai nucléaire souterrain, condamné par l’ONU, avant de lancer une série de missiles de courte portée et d’annoncer n’être plus liée par l’armistice de 1953 ayant mis fin à la guerre de Corée.

Pyongyang s’est également retiré des négociations multilatérales sur son programme d’armement atomique après la condamnation par l’ONU de son tir de fusée controversé du 5 avril. Dimanche, Hillary Clinton a indiqué que les Etats-Unis "étudiaient" la possibilité de replacer la Corée du Nord sur la liste des Etats soutenant le terrorisme. Le régime avait été retiré de cette liste noire en octobre 2008 par l’administration de l’ancien président George W. Bush.


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