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Une industrie de défense européenne éclatée face aux géants américains

Les Echos, source AFP

vendredi 12 juin 2009, sélectionné par Spyworld

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Si l’européen EADS est le premier groupe d’aéronautique et de défense mondial en termes de chiffre d’affaires, sept entreprises sur les dix premières du secteur sont américaines.

L’industrie européenne de défense arrive une nouvelle fois en ordre dispersé au salon de l’air du Bourget, qui fête ses 100 ans cette année, face aux géants américains, alors que le chantier des rapprochements industriels sur le Vieux continent reste encore largement à mener pour tirer profit de ce marché lucratif.

L’an dernier, le groupe européen EADS a détrôné la firme américaine Boeing pour la place de premier groupe d’aéronautique et de défense mondial en termes de chiffre d’affaires, selon un classement établi par le cabinet Deloitte. Mais sur ce marché "très concentré", sept entreprises sur les dix premières sont américaines, avec des géants comme Lockheed Martin, Northrop Grumman ou Raytheon, souligne Deloitte. Ceux-ci sont fortement implantées dans la défense à la différence d’EADS qui dépend beaucoup de sa filiale d’avions civils Airbus.

Deux facteurs expliquent cette prédominance des Etats-Unis : "il y a eu une concentration américaine sans équivalent en Europe" dans l’industrie d’armement et "les budgets de la défense américains sont beaucoup plus importants", explique Jean-Paul Hébert, de l’École des hautes études en sciences sociales. Le budget du Pentagone reste en effet le premier poste budgétaire des Etats-Unis, représentant plus de 40% de l’ensemble des dépenses militaires mondiales.

Cette tendance devrait perdurer, même si l’administration Obama a décidé de couper dans des programmes d’équipement qui avaient connu d’importantes dérives de coûts, comme l’avion de chasse F-22 Raptor de Lockheed-Martin et Boeing.

Au plan mondial, le marché de la défense reste l’un des plus lucratifs et, contrairement à l’aviation civile, ne connaît pas de bas de cycle. Les dépenses militaires mondiales ont atteint un record l’an passé, selon l’Institut international de recherche pour la paix de Stockholm (Sipri). Elles ont atteint 1.464 milliards de dollars, en hausse de 45% sur dix ans.

EADS a dit être bien décidé à profiter de ce marché immense et à moins dépendre d’Airbus. Mais son plan de développement dans la défense, notamment aux Etats-Unis, est actuellement freiné par la crise : la priorité est à la préservation de la trésorerie plus qu’aux acquisitions qui lui permettraient de croître sur ce terrain.

La consolidation en Europe a certes déjà avancé dans l’aéronautique (EADS), les missiles (MBDA) et en partie dans les hélicoptères (Eurocopter et le groupe italien Agusta Westland). Mais elle est tombée en panne dans d’autres domaines comme l’électronique ou les avions de combat où l’Europe dispose de trois appareils concurrents (Rafale, Eurofighter et Gripen suédois).

L’Europe manque aujourd’hui de programmes en coopération qui incitent les entreprises à se rapprocher. "Les derniers grands programmes de coopération en matière d’armement remontent à dix ans : c’est le missile (air-air) Meteor et l’A400M", l’avion de transport militaire d’Airbus, note Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l’Institut de relations internationales et stratégiques.

L’A400M peine en outre à émerger en raison du retard pris par le projet. Les Etats clients et l’industriel sont en pleine négociation pour tenter de sauver ce programme de 20 milliards d’euros. Les programmes européens de l’avenir, peut-être dans les drones ou les chasseurs de mines, ou encore le projet d’hélicoptère lourd sous l’égide de l’Agence européenne de Défense "ne vont pas naître tout de suite", prévient Jean-Pierre Maulny.


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