dimanche 10 décembre 2017

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Les chasseurs français en démonstration tous les jours

Isabelle Lasserre, le Figaro

vendredi 12 juin 2009, sélectionné par Spyworld

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Les acheteurs étrangers d’avions de combat sont plus nombreux qu’en 2007 au Bourget.

ON ATTENDAIT beaucoup du Raptor, le Lockheed F22, nouvel avion de combat de l’US Air Force, qui devait être l’une des principales attractions du Bourget. La jeune « starlette » américaine, aussi coûteuse que furtive, s’étant apparemment décommandée au dernier moment, le Rafale, fleuron de l’aviation militaire française, devra cohabiter avec ses concurrents habituels : les chasseurs américains F16 et F18 et l’Eurofighter, développé dans les années 1980 par la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne.

Dans son édition 2009, le Salon du Bourget hébergera trois Rafale. Ceux de l’armée de l’air et de la marine seront exposés au sol ; un troisième, appartenant à l’armée de terre, fera chaque jour des vols de démonstration.

Pour l’avion de combat de Dassault Aviation, une arme de guerre stratégique sur laquelle s’appuie la notion de puissance française, l’année 2009 est importante. Depuis 2008, l’avion de 4e génération est entièrement polyvalent : il réunit plusieurs appareils en un seul. Conçu pour remplir l’éventail complet des missions de l’aviation de chasse - reconnaissance aérienne, défense aérienne, assaut conventionnel, attaque nucléaire…, - il est capable de répondre à plusieurs types de menaces et peut opérer aussi bien depuis le sol qu’à partir d’un porte-avions.

Concurrence américaine

Au niveau national, le livre blanc sur la Défense a fixé l’an dernier le format capacitaire du marché national à 300 avions. 120 appareils sont en cours de livraison. Et Dassault Aviation négocie aujourd’hui avec la Délégation générale pour l’armement (DGA) une commande de 60 avions supplémentaires. Ses débouchés assurés sur le marché français, le Rafale dispose en revanche d’une visibilité moins nette sur la scène extérieure. Entré dans les forces françaises en 2006, déjà engagé en Afghanistan, l’avion de chasse français entame tout juste sa vie à l’export. Aucun des acquéreurs potentiels - les pays du Golfe, la Grèce, le Brésil, la Suisse… - n’a encore signé de contrat. Les Émirats arabes unis, qui avaient fait savoir en juin 2008 qu’ils envisageaient « sérieusement » de remplacer leurs Mirage par des Rafale, exigent des spécifications, afin d’adapter les avions à leurs besoins. Tout cela prend du temps.

À l’Élysée, où l’on reconnaît que « des contrats comme ça ne se signent pas sur le coin d’une table », on confiait, au moment de la visite du président français à Abu Dhabi, que le dossier continuait à « avancer ». Même son de cloche au sein du gouvernement émirien, où le ministre des Affaires étrangères, le cheikh Abdallah, a lui aussi confirmé que « les négociations se poursuivent ».

Chez Dassault Aviation, on reste donc optimiste : « Dans un marché qui touche au cœur de la souveraineté des États, il est très difficile d’exporter sans une implication directe de l’État. Or la très forte mobilisation du pouvoir français nous ouvre aujourd’hui de vraies perspectives. »

Il faudra pour cela passer devant les concurrents américains, qui font de l’ombre à la plupart des marchés convoités par Dassault Aviation, la France étant le seul pays d’Europe à maîtriser toutes les compétences technologiques nécessaires pour construire des avions de chasse. Dans ce domaine ultrasensible et stratégique, dans lequel la concurrence est particulièrement rude, l’arrivée d’un démocrate, Barack Obama, à la Maison-Blanche n’a pas entraîné d’assouplissement.

Face au risque de monopole technologique et militaire américain dans le monde, on souligne, chez l’avionneur français, que « tout déclin de l’effort consenti au profit de l’armée aérienne conduira inexorablement à un décrochage technologique dans ce domaine et, en corollaire, à une perte d’autonomie politique ». C’est en tout cas le message qui sera discrètement diffusé au Bourget, où les candidats étrangers à l’achat d’avions de chasse seront, cette année, paraît-il, plus nombreux que jamais…


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