dimanche 10 décembre 2017

Accueil du site > Renseignement > International > La CIA se met au web interactif malgré sa culture du secret

La CIA se met au web interactif malgré sa culture du secret

RTLinfo.be

dimanche 14 juin 2009, sélectionné par Spyworld

logo

L’agence centrale du renseignement américain (CIA) se met peu à peu à l’internet communautaire et interactif, mais cette évolution ne va pas sans heurt dans une organisation où la culture du secret est génétique.

"Nous en sommes encore au début", déclare un analyste de la CIA, Sean Dennehy, qui se décrit lui-même comme un "évangélisateur" d’Intellipedia, l’encyclopédie évolutive de la communauté américaine du renseignement fonctionnant sur le modèle de Wikipedia.

"Il y a beaucoup de difficultés inévitables quand on veut intégrer ce modèle de source ouverte à la communauté du renseignement", a-t-il expliqué lors d’une conférence organisée par le géant de l’internet Google en fin de semaine à Washington.

Intellipedia fonctionne sur des réseaux sécurisés intranets de l’administration américaine, et est utilisée par 16 organisations du renseignement. Lancé sous forme pilote en 2005, cet outil, non accessible au public, a été formellement inauguré en avril 2006.

"Depuis ce moment-là, ça a été un combat", a-t-il commenté. "Certains (nous ont soutenus), mais il y en a encore beaucoup qui attendent de voir".

Un certain nombre d’employés de l’agence "assez gradés" utilisent activement le site, et considèrent qu’Intellipedia est "potentiellement un outil qui peut changer les choses", a-t-il affirmé.

Pour M. Dennehy les blogs et les sites wikis (interactifs) sont "difficiles dans notre culture : on a grandi dans l’esprit ’il faut savoir’, et maintenant il faut garder un équilibre entre ’il faut savoir’ et ’il faut partager’".

"C’est comme si on disait aux gens qu’ils ont été mal élevés par leurs parents", ajoute-t-il, évoquant "un énorme changement culturel".

"Au début il y avait des gens qui allaient sur Intellipedia, ils notaient les pages qui avaient des erreurs et ils en référaient à leur supérieurs", se souvient-il.

Autre problème : le réflexe de cloisonner. "Inévitablement, chaque fois, la première question qu’on nous posait c’était : ’comment on fait pour verrouiller une page ?’ ou : ’comment je fais pour verrouiller une page en permettant juste à mes cinq collègues d’y accéder ?’"

"On leur répondait : ’va voir ailleurs’, ’va envoyer des emails’". Parce que là "c’est différent, ça sape le potentiel de ces outils si on met des verrous dans un système qui a déjà une aversion pour le risque", dit-il.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :