lundi 16 octobre 2017

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La Corée du Nord menace d’une initiative militaire

J.C., le Figaro, avec AFP

dimanche 14 juin 2009, sélectionné par Spyworld

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Au lendemain de l’adoption de nouvelles sanctions par l’ONU, Pyongyang n’exclut pas d’utiliser son plutonium à des fins militaires.

Le ton monte une nouvelle fois entre la Corée du Nord et l’ONU. Au lendemain du renforcement des sanctions onusiennes contre le régime pour son récent essai nucléaire, Pyongyang a réagi avec une extrême virulence samedi.

« L’option consistant à abandonner nos armes nucléaires est devenue chose impossible, et peu nous importe que certains nous autorisent ou non à en détenir », indique un communiqué du ministère nord-coréen des Affaires étrangères qui fustige de « méprisables » sanctions. « Premièrement, tout le plutonium extrait sera utilisé à des fins militaires. Un tiers des barres de combustibles du réacteur de Yongbyon ont déjà été retraitées », ajoute le texte. « Deuxièmement, nous allons débuter l’enrichissement d’uranium », poursuit le ministère. Les experts estiment que le stock de matériau fissile pourrait permettre au régime de confectionner entre cinq et sept bombes.

Tout blocus imposé à la Corée du Nord sera assimilé à un acte de guerre, a également averti Pyongyang.

Il s’agit de la première réaction officielle de Pyongyang depuis que le Conseil de sécurité a décidé, vendredi à l’unanimité, d’alourdir son régime de sanctions en réponse à son essai nucléaire du 25 mai. La résolution 1874 instaure un système renforcé d’inspection des cargaisons aériennes, maritimes et terrestres à destination ou en provenance de Corée du Nord et un élargissement de l’embargo sur les armes.

Les USA redoutent une réaction « irresponsable »

Ce texte prévoit aussi l’alourdissement de sanctions financières existantes. Pyongyang est déjà sous le coup de sanctions prévues par la résolution 1718 du Conseil, adoptée en octobre 2006 après son premier essai nucléaire.

Les Etats-Unis ont ouvertement craint vendredi une réaction « irresponsable » et un nouveau test de Pyongyang après la décision de l’ONU. « Dans cette éventualité, nous continuerons à faire ce que nous nous sommes engagés à faire aujourd’hui, à savoir appliquer dans toute son étendue le régime de sanctions le plus fort, le plus dur qui existe aujourd’hui contre aucun pays », a déclaré l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Susan Rice, à l’issue d’une rencontre avec Barack Obama. Samedi, la secrétaire d’État Hillary Clinton a expliqué que les « provocations continues des Nord-Coréens » dans le domaine nucléaire étaient « extrêmement regrettables ». Elle a toutefois assuré que les Etats-Unis feraient « tout leur possible » pour empêcher la prolifération.

Au lendemain de l’essai du 25 mai, Washington avait averti que la Corée communiste devrait « payer le prix de ses actes » si elle continuait à « provoquer la communauté internationale ». Le Conseil de sécurité avait déjà condamné, le 13 avril, un tir de fusée balistique effectué le 5 du même mois par la Corée du Nord, et renforcé le régime de sanctions mis en place à son encontre en 2006.

En réponse à cette condamnation, Pyongyang avait annoncé son retrait des négociations à Six sur sa dénucléarisation (Russie, Corée du Nord, Corée du Sud, Etats-Unis, Japon et Chine), l’arrêt de sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et la réactivation de ses installations nucléaires.


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