mardi 17 octobre 2017

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Les géants américains de la Défense en embuscade au Bourget

AP

dimanche 14 juin 2009, sélectionné par Spyworld

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Quand le Pentagone se serre la ceinture, l’industrie de la défense se tourne ailleurs : contraints de chercher de nouveaux marchés à l’étranger pour compenser les baisses de commandes gouvernementales, les géants américains de l’armement vont sans doute se montrer très offensifs lors du 48e Salon international de l’aéronautique et de l’espace, qui s’ouvre lundi au Bourget près de Paris.

Devant la baisse des commandes américaines, Boeing et Lockheed se retrouvent en compétition pour vendre des chasseurs au Brésil ou à l’Inde. Les firmes américaines profitent aussi des inquiétudes liées aux programmes nucléaires iranien et nord-coréen, qui poussent par exemple des pays du Proche-Orient à acheter des équipements anti-missiles à Lockheed et Raytheon. L’arsenal vieillissant des Européens constitue aussi une promesse potentielle de contrats.

"C’est un marché mondial maintenant", reconnaît Chris Chadwick, président de la branche aéronautique de défense de Boeing. "Les armes pourraient devenir le plus gros produit d’exportation américain au cours de la prochaine décennie", estime de son côté Loren Thompson du think tank conservateur Lexington Institute.

Reste que plusieurs groupes européens constituent de sérieux concurrents comme EADS, Saab ou BAE Systems. Lockheed, par exemple, tente de préserver une coalition de neuf acquéreurs potentiels d’avions de combat F-35, ciblée par les fabricants de l’Eurofighter. Le prix est un problème pour les Américains, surtout au vu des difficultés économiques des clients européens.

Jusqu’à récemment, les firmes américaines pouvaient se reposer sur leur lucrative relation avec l’armée américaine. Les dépenses du Pentagone ont augmenté de plus de 40% ces dernières années, gonflées notamment par les guerres en Irak et en Afghanistan et les firmes américaines ont récolté l’essentiel de ces juteux contrats.

Mais le Pentagone rogne désormais sur les budgets consacrés à des armements coûteux pour faire face à la montée de certaines dépenses, comme celles en personnels, et s’adapter aux nouveaux types de conflits. Le ministre de la Défense Robert Gates juge plus judicieux d’acheter des drones, plus utiles face à des groupes d’insurgés, que des avions de chasse F-22 coûtant 140 millions de dollars (99,9 milliards d’euros) l’unité et destinés à des guerres plus conventionnelles.

Au cours de l’année fiscale 2008, l’armée américaine a dépensé 164 milliards de dollars (117 milliards d’euros) en armement. Pour l’année fiscale 2010, le Pentagone prévoit de n’en dépenser que 131 (93,4 milliards d’euros), même si le Congrès risque d’étoffer un peu la liste lors de l’examen du budget.

Lockheed risque de devoir fermer des chaînes de montage dans sa grande usine de Marietta en Géorgie, menaçant des milliers d’emplois. Boeing, qui tire 80% de ses commandes de défense du Pentagone, pourrait cesser de vendre son avion-cargo C-17 à 276 millions (197 millions d’euros) pièce. Le Congrès a rajouté huit C-17 dans le budget. Boeing veut en fabriquer 16 par an et espère pallier le manque à gagner du Pentagone par des ventes à l’étranger. La firme de Chicago a récemment placé quatre appareils au Emirats arabes unis.

Le programme F-22, avion de chasse furtif de Lockheed, doit déboucher sur la vente de 187 appareils à l’US Air Force, bien moins qu’envisagé initialement. Le Japon et l’Australie sont considérés comme des marchés potentiels, mais il faudrait pour cela annuler la législation fédérale américaine qui interdit l’exportation de toute technologie sensible.

Le Pentagone a informé le Congrès qu’il comptait vendre pour 74,5 milliards de dollars (53,2 milliards d’euros) d’équipement militaire américain à 25 pays en 2008, près du double des ventes d’armes proposées pour 2007. L’Irak, un marché jugé prometteur où les autorités aimeraient acquérir des avions de combat Lockheed, des hélicoptères Boeing et des chars Abrams (General Dynamics), représentait 18,7 milliards de dollars (13,3 milliards d’euros).


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