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Anti-terrorisme : Examen du projet Sarkozy sur fond de "menace réelle"

Loïc Farge, RTL

mercredi 23 novembre 2005, sélectionné par Spyworld

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Les députés examinent à partir de ce mercredi le projet de loi antiterroriste de Nicolas Sarkozy. Le texte prévoit notamment le renforcement de la vidéosurveillance dans les lieux sensibles et des contrôles dans les cybercafés. "Des réseaux terroristes constitués sont à l’oeuvre en France" : c’est le diagnostic dressé sur RTL par le directeur de la DST. Pierre de Bousquet de Florian craint particulièrement les djihadistes de retour de certains pays arabes.

Le texte Sarkozy à l’Assemblée

Le texte avait été rédigé dans la foulée du quadruple attentat de Londres du 7 juillet dernier. Le projet de loi antiterroriste de Nicolas Sarkozy est examiné à partir de mercredi (23 novembre), et jusqu’à vendredi, par les députés. L’assemblée nationale a saisi en urgence le texte, qui ne fera l’objet que d’une lecture dans chaque chambre du Parlement. Déjà adopté par la commission des Lois, il fera l’objet d’un vote solennel le mardi 29 novembre au Palais Bourbon, avant d’être examiné en décembre au Sénat. Il doit être définitivement adopté par le Parlement avant la fin de l’année.

Dénoncé comme liberticide, ce projet que les parlementaires devraient encore durcir, prévoit notamment un développement de la vidéosurveillance. L’Etat pourra installer des caméras dans le métro, les aéroports, les gares et autour des installations sensibles telles que les centrales nucléaires. Les "personnes morales" (lieux de culte, grands magasins ou entreprises sensibles) pourront aussi installer des caméras sur leur trottoir, après autorisation préfectorale. Les images ainsi obtenues pourront être conservées. Le texte pose toutefois des garde-fous : chacun pourra accéder aux images qui le concernent et chaque dispositif de vidéosurveillance sera révisé tous les cinq ans.

Le texte renforce ensuite la surveillance des cybercafés et opérateurs de téléphonie, en les obligeant à conserver leurs données informatiques pendant un an. Les déplacements de jeunes Français vers des pays à risque seront aussi scrutés, afin de suivre les filières "djihadistes". Enfin, le projet de loi aggrave les peines encourues pour activités terroristes : l’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste sera punie de 20 ans de prison, contre 10 ans actuellement. Les responsables de ces réseaux encourront jusqu’à 30 ans de réclusion, contre 20 actuellement.

Le patron de la DST évoque des menaces d’attentats

"Il existe une menace réelle de projets terroristes contre la France" : c’est le diagnostic dressé par le préfet Pierre de Bousquet de Florian mercredi matin sur RTL. Des réseaux terroristes "constitués sont à l’oeuvre pour bâtir des projets hostiles" à notre pays, a mis en garde le directeur de la surveillance du territoire (DST), citant des cas d’attentats déjoués ces derniers mois. Il a évoqué l’interpellation, en juillet dernier à Montpellier, d’un individu "qui rentrait de Syrie avec la volonté de commettre un attentat en Italie mais vraisemblablement plutôt en France". Il a aussi rappelé le démantèlement fin septembre, début octobre d’une cellule autour de Trappes, dans les Yvelines, "dont très clairement le but avoué était de commettre des attentats importants en France", a notamment précisé Pierre de Bousquet de Florian.

Le haut fonctionnaire a évoqué le rôle de l’insurrection irakienne, "pompe aspirante à tous les aspirants djihadistes", dans la formation d’une génération d’islamistes. "Avec une régularité assez constante depuis deux ans, nous constatons des départs de jeunes Français ou de jeunes vivant en France pour l’Irak", a-t-il relevé. Et de rappeler que son service en avait identifié vingt-deux, dont sept y sont morts, deux y sont emprisonnés, tandis qu’on est sans nouvelle de treize autres. L a précisé que les militants islamistes ne se "sont pas impliqués" dans les émeutes qu’ont connues durant près de trois semaines les banlieues françaises.

"Il existe contre la France une menace réelle", "notre vigilance doit donc être permanente", expliquait la semaine dernière le Premier ministre Dominique de Villepin lors d’un colloque sur "les Français face au terrorisme". "Le risque d’action violente sur notre sol est réel", avait confirmé dans la foulée le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy.


- L’invité de RTL : Pierre de Bousquet de Florian, directeur de la DST.- J-M.Aphatie
- Reportage : A Lyon, "big Brother" ne fait plus peur.- E.Baudu
- Correspondance : La vidéosurveillance au secours des policiers britanniques à Bradford- D.Caron


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